‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 382 sur 505 · H. XI, p · texte numérisé non relu

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lectrices de « ne pas être des enfants », et de cracher la drogue, si toutefois elle n'était pas trop diluée dans la substance qui la contient l, d'autres, comme Herder, dénonçaient l'utopie arcadienne comme un batifolage stérile et décevant 2. Que signifiait cette transposition de l'idéal naturaliste en une fiction badine, la profanation du rêve esthétique en une morale des Grâces, sous le patronage de Sapho et d'Anacréon, et l'exemple d'Aspasie, présidant aux conseils d'Athènes? Une morale pour des Danaé ne froissait-elle pas plutôt les chastes déités?3 L'âge d'or hellénique semblait couvrir un sensualisme d'autant plus raffiné qu'il se donnait pour innocent et naïf. Suffisait-il de dégrader la conscience pour restaurer l'innocence, d'enlever à la vertu sa raideur et sa gravité pour l'éclairer et l'ennoblir 4, d'elfacer les mobiles de la raison pour ramener les inclinations aux objets de l'aspiration spirituelle?

Ce qui achevait de déconcerter, c'était le dilettantisme affiché de la forme, en cet hommage aux Grâces antiques, hommage trop manifestement tourné vers le badinage affecté par Gleim et Jacobi dans leur correspondance, et dont Wieland n'avait pas été le dernier à sourire 6. Cette allure d'abandon et d'inspiration folâtre, cette indécision entre la prose et le vers, cette désarticulation rhapsodique, laissant à la pensée l'allure flottante d'un papillotage galant, cette confusion de l'art et du naturel, cette ironie mutine, tout cela ne trahissait-il pas une frivolité, dont on commençait à craindre l'influence sur les mœurs?6 Ce ton sceptique et voluptueux, était-ce celui d'un professeur de philosophie? Weisse luimême s'inquiétait, trouvant que l'Allemagne, avec Michaelis, était

1. Gôttinger Gelehrte Anzeigen, 1771, St. 12, p. 102 s. Cf. A. Br., III, p. 35 s. 40. Buchner, o. c, p. 48. Wieland avait demandé à Jacobi de le soutenir, c'est pourquoi celui-ci écrivit son manifeste : An das deutsche Publikum (1771). Cf. L. de Jacobi à W. reproduite en appendice.

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