Herder, Fragmente (Suphan, I, p. 344 s
3. AJlg. d. Bibl., 1772, 1. St. p. 194 à 198 (de Ebeling, d'après G. Parthey : Die Muarbeiler an Fr. JV icolaïs Allg. d. Bibl, Berlin, 1842, p. 50, 58).
4. Cf. Hamburger Neue Zeitung, dont le compte rendu est reproduit par
MONACARDA, O. <"., p. 311.
5. Briefe von Johann Georg Jacobi, dédiées à Gleim (1768); Briefe von den H. Gleim und Jacobi (1768). Dans cette correspondance reviennent à chaque page les noms de La Fare, Chapelle, Gresset; on y sent l'imitation des L. de Chapelle et de Bachaumont. Cf. D. Br., I, p. 229 s.; A. Br., III, p. 14 s.
6. Cf. Frankf. Gelehrte Anz., 1772. D. Lit. Denkm., 7, p. 456.
déjà pourvue de trois prêtres des Grâces, et qu'il n'était nullement besoin d'un quatrième 1. Elle n'allait d'ailleurs pas manquer d'une pédagogie des Grâces, ni d'une revue des Grâces 2.
Si Wieland n'avait pas visé à cet engouement suspect, s'il n'avait pas voulu favoriser une émancipation des sens par l'imagination du plaisir, il n'en est pas moins vrai qu'il ne permettait pas de distinguer entre la coquetterie d'une Laïs et l'ingénuité d'une Phyllis, entre l'épicurisme et la sage modération du goût. C'est ainsi qu'il dressait contre lui tout ce qui, en Allemagne, réagissait contre la liberté de l'esprit et la licence du sentiment; et que. par complaisance pour ses nouveaux amis de Halberstadt, il encourait les mêmes reproches. Qu'il y ait une part de virtuosité dans cet essai d'une forme demi-lyrique, dont le modèle lui était donné par l'opérette et le mélodrame, Wieland ne l'a pas caché à Jacobi, qu'il poussait à postuler la gloire d'un Favart allemand3. Luimême cherchait alors, par l'étude de Quinault, de Saint-Foi, de Métastase, « une naïveté d'expression », une musicalité du vers, susceptibles de tenter un compositeur 4. Il se trouvait trop intéressé par le Pygmalion de Rousseau pour ne pas sacrifier à un genre auquel ses relations avec Weisse l'entraînaient, indépendamment de son penchant personnel et delà faveur de l'époque5. Ne rêvait-il pas déjà d'une scène lyrique plus «classique » que celle de Weisse, plus proche du théâtre antique? Quoi qu'il en soit, ses Grâces étaient conçues dans l'esprit d'un tel théâtre. Sans l'accompagnement de l'orchestre, la poésie devait en paraître aussi mièvre et grêle que celle d'un livret; elle flottait dans une « idéalité »
1. Lettres de Weisse à Uz du 26 janvier et du 25 mars 1771. Morgenblatt, 1840, p. 286 s.
2. .lacobi fit paraître en 177(1 Das Lied der Grazien (Werke, III, p. 143), puis, en 1773, Charmides et Theone, qui se recommande de Musarion, encore qu'il soit écrit dans une note plus romantique ». En 1774 parut à Halle V Académie der Grazien, destinée aux jeunes filles. Sur le culte des Grâces, cf. Pomezny, o. c, p. 215.
3. Àriadne auj Saxos, de Gerstenberg, est de 1767. Elysium, de Jacobi, de 1770. « Ich wiinschte, écrit Wieland à Jacobi, dass es mir môglich ware, die Kunst der Arien meinem Metastasio abzulernen... \\ v weil mir selbsl Vorsuche
von dieser Gattung in den Grazien gelunfji'ii sein i hten. daruber wiinschte
ich, zur Bestatigung Ihres und unseres Gleims vielleicht allzu nachsichtlichen Beifalls, das Urleil eines Hillers oder irgend eines andern Tonkûnstlers, dem die Musen liold sind, zu erfahren. » (A. Br., III, p. 22.)