‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 397 sur 505 · Il ISSï NCAMP, p. 209 S · texte numérisé non relu

Il ISSï NCAMP, p. 209 S

a l'université d'erfurt 407

« sans fourberie ni fanatisme », en utilisant le catéchisme de Fleury et les écrits de Bossuet; envoyer l'enfant à l'église tous les matins, « puisque la coutume des catholiques l'exige a1; se montrer courtois à l'égard des Pères, de qui il attendait « des procédés plus honnêtes que des luthériens » 2; Wieland n'en était pas moins, comme le plus en vue, le plus surveillé et le plus menacé. S'il avait pu se débarrasser du Père Simon Jordan 3, il vit se soulever, lors de la maladie du gouverneur, « toute la mômerie de la ville », et les factions s'agiter « que c'était une bénédiction » ! Alarmé, Wieland annonçait déjà une catastrophe. Ne se servait-on pas « des procédés les plus infâmes pour impressionner la conscience de ce pauvre seigneur, en lui faisant envisager sa maladie comme une punition du ciel, alors qu'il avait tant protégé des hérétiques et même des gens sans religion... »? Par bonheur, le gouverneur mourut « sans que la mine ne sautât ». Wieland, qui avait déjà cherché un refuge 4, respira mieux lorsqu'il apprit que le nouveau gouverneur était Karl Anton Dalberg, le jeune vicaire général de Mayence, qui lui fit savoir qu'il n'aurait rien à craindre « des cafards et des sots » s. En tout état de cause, il se tint pourtant de plus en plus à l'écart; « homme simple, écrivait-il au chanoine Dumeitz à Francfort, sans prétention, sans ambition, ennemi de tout ce qui a l'air d'intrigue et de cabale, je ne prends aucune connaissance de tout cela; je vais mon grand chemin; j'emploie mes heures perdues, que tant de gens graves et importants perdent au jeu, à faire ma cour aux Muses »6.

N'ayant plus l'appui de La Roche, passé au service de l'Élec-

1. Hassencamp, p. 195, et la Lettre de La Roche à W. du 28 août 1769, dans les Lettres de Sophie La Roche.

2. Le bruit avait couru d'une conversion de W. au catholicisme. (Schulze- Maizier, p. 64.)

3. Le P. Jordan fut expulsé sous prétexte d'indélicatesse à l'égard de l'administration. Cf. II f: i ^ s e à Gleim, 17 avril 1772 (Schûddekopf, IX, p. 60).

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