Horn, p
5. Riedel dut donner sa démission au printemps 1771, à la suite de différends avec Genau, ce qui lit obstacle à un voyage à Vienne pour le compte du prince de Meiningen. 11 n'était pas encore question de sa nomination à l'Académie des Beaux-Arts; Riedel cherchait une situation administrative. 11 était dégoûté du métier de professeur, et se prévalait de son sens des affaires dans sa correspondance avec Ring. Il espérait poursuivre en même temps différents projets littéraires. Les pourparlers avec Vienne s'ouvrirent en mai 1771, posant comme condition sa conversion au catholicisme. Ce n'est qu'en déc. 1771 que Riedel annonce à Ring sa nomination à Vienne avec un traitement important et la
étudiants, du nom de Schwarz, pour des propos pris pour blasphématoires. Cet ancien élève des Jésuites était un de ses disciples déclarés, appartenant avec Bueler, Michaelis, Heinse, à une petite académie des Grâces qui s'était formée sous son égide. Manifestement visé, il était impossible à Wieland de se dérober. Il réussit bien à éviter au pauvre diable la torture, et à le tirer de prison; mais il put mesurer la puissance de la réaction. Quelques années plus tard, Schwarz, placé dans une école de Mayence, après avoir été précepteur dans la famille La Roche, n'échappera pas à la persécution 1.
Voilà qui explique la circonspection et l'inquiétude de Wieland. Il prêtait trop à l'accusation par le ton parfois un peu libre de sa satire, notamment dans Diogène et les Contributions. On lui passait plus facilement la frivolité des Contes que ses allusions tendancieuses. Lui abandonnant les moines « pour tout le mal qu'ils ont fait à Dieu et à l'homme », Groschlag lui demandait pourtant « grâce pour ses saints ». Il se voyait obligé de le modérer : « Soyons toujours honnêtes dans nos expressions 2. » Mais Wieland pouvait-il « laver la peau sans la mouiller »? Il avait beau y mettre des formes, veiller à ses faits et gestes, s'écarter de ses collègues; il avait beau donner des apaisements aux « papefiguiers », en chargeant de l'instruction religieuse du jeune Fritz La Roche un Bénédictin qui avait promis de ne pas le rendre bigot, d'en agir avec lui
liberté religieuse; il y serait le seul conseiller luthérien. (Corresp. inédite à Fribourg.)
A Ring, il écrit le 7 janv. 1772 (Schulze-Maizier, p. 58) pour se plaindre de \V. ; < Icli bin kein kompetenter Richter mehr iiber seine Schritten, nachdem ich von ihm, der Ailes, was er in Erfurt ist und hat, durch mich ist und hat, Begegnungen erfahren habe, die ich zu seiner Ehre und zur Ehre der Musen in ewige Nacht begraben will. Denn ich wurde mich schamen in Ws. Namen, wenn sein Betragen gegen mich sollte bekannt werden. i 11 s'agit, semble-t-fl, d'une caution dont Riedel avait alors besoin pour un emprunt de 750 thaler à l'Université.
1. Sur le procès de Schwarz, voir l'article de Seuffert : Ws. Erfurter Schûler vor der Inquisition. — Euph., III, p. 376 ss. — et les précisions apportées par Schulze-Maizier, o. c, p. 31 ss.
Dans le second procès, l'accusé eut la faiblesse de reconnaître ses erreurs et de rejeter sur W., pour une bonne part, son irréligion. Il esl vrai qu'on ne plaisantait pas en cette matière. Un étudiant d'Ulm avait été décapité pour son admiration affichée de Voltaire.