‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 405 sur 505 · A. Br. III, p · texte numérisé non relu

A. Br. III, p

4 /A., p. 2. — Cf. Vierteljhrsr.hr. f. LitReseh. I, p. 381, 388.

a l'université d'erfurt 413

informer et à éclairer. A cette orientation se bornait d'ailleurs la mission de l'éducateur.

Ce n'est pas à lui, expliquait-il à Sophie, à propos de l'échec de sa pédagogie avec son fils Fritz, à tracer à la nature la ligne qu'elle doit suivre dans le développement du cœur et de l'esprit d'un jeune homme qui est son ouvrage. Comme la nature aime la variété, elle mêle diversement les ingrédients qui entrent dans le caractère humain, les perfections et les défauts, les vertus et les vices. Soyons contents et tranquilles, et fions-nous sur la sagesse de la nature 1.

Il attachait plus de prix à la sincérité qu'à l'effort, à la satisfaction avec soi-même qu'à la valeur intellectuelle. Cependant, il n'agissait guère que sur l'esprit, ou plus exactement sur le goût. Que quelques élèves aient reçu de lui leur vocation, ainsi que Heinse et Werthes 2, pour la plupart, il était « trop divin », comme dit l'auteur d'Ardinghello, pour avoir sur eux quelque autorité. Son caractère lui faisait d'ailleurs fuir les responsabilités, se dérober aux charges morales et aux autres sollicitations. Il manquait de conviction dans sa mission pédagogique. « Les Grâces sont dans son cœur et l'amour de Coypel devant ses yeux, dit de lui Heinse; il admire l'apôtre Voltaire, mais il n'oserait pas se montrer en sa compagnie à Erfurt 3. » Avait-il jamais songé à l'application de la morale de Musarion? 4 II jouait au Socrate, il initiait à la joie païenne; mais, dans la vie, il redevenait un bourgeois timoré et mesquin. Que l'on songe à son attitude avec Heinse, avec Michaelis! Aussi ne retenait-il pas de disciples. Après

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