‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 407 sur 505 · A. Br., III, p · texte numérisé non relu

A. Br., III, p

le départ de Riedel, l'effectif diminua rapidement; ses adeptes se dispersèrent l.

Dans son Miroir d'Or, Wieland a essayé de justifier cette attitude. Il s'y représente dans un écrivain qui s'est établi comme lui entre les partis, et partant était méconnu des uns comme des autres, subissant de tous des reproches. Par sa franchise, il provoquait les bigots, et par son idéalisme, il irritait les philosophes. Il passait pour pyrrhonien et matérialiste sans l'être, et il se rendait suspect aux esprits libres par son attachement aux idées morales. A une petite élite seulement, il faisait comprendre « que l'aveuglement et la corruption sont des maux inévitables, et que la sagesse, ainsi que la vertu, n'appartiennent qu'aux belles âmes» 2.

Mais pouvait-il justifier ainsi les faux-fuyants de son caractère qui déconcertaient ceux qui, comme Riedel, Gleim et Friedrich Jacobi, avaient fait crédit à son esprit? Après les effusions de Coblence et de Pempelfort, les Jacobi se seraient-ils attendus à la bourrasque qui, quelques mois après, à propos de Michaelis, menaça de brouiller leurs rapports avec Wieland? Si leur beau zèle avait déjà été quelque peu refroidi par sa pusillanimité devant la critique, alors que Georg Jacobi s'était déclaré prêt à intervenir en sa faveur 3, que devaient-ils penser de sa couardise devant un théologien ?

Gardez-vous de l'enthousiasme, mes enfants! leur avait-il écrit auparavant; quelques grains seulement, de temps en temps, dans une dose suffisante de joie, sous forme d'amour, d'espoir, ou d'un autre sentiment, est un bon cordial; mais souffler sur le feu, arracher aux furies leurs torches, quel excès pour des esprits voués au beau et au bien!...

A leur amitié vibrante, il se dérobait par sa sage modération. « J'ai passé le temps de l'enthousiasme; à sa place, c'est maintenant un sentiment tranquille, qui s'émeut rarement, et plus rarement encore s'épanche » 4.

1. Euph., III. p. 378 s.; Schurig : Drr funge Heinse und seine Enlwicklung ' 74 (Diss., Leipzig, 1910); Jolivet : W. Heinse, p. 56s.; Prôhle : Lessing,

Wieland, Heinse, p. 133; Korte : Gleuns Leben, p. 156.

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