‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 415 sur 505 · A Goertz, ; juill · texte numérisé non relu

A Goertz, ; juill

2. Le 17 juill., Anna Amalia lui écrivait : « Je vous offre, pour le temps où vous serez en charge, le caractère de conseiller à la Cour avec un appointement annuel de 900 écus, et quand vous aurez achevé votre carrière d'instructeur, une pension de 500 écus par an pour toute votre vie. » (Voir le compte rendu de la séance du Conseil du 16 juill., dans von Stotzincen, p. 402 ss.) W. fit monter son traitement à 1.000 écus et à 600 de pension. En même temps, il laissait entendre qu'en cas de mort, il espérait que la duchesse prendrait soin de sa femme et de ses enfants. Il demandait le titre de conseiller a vie, une indemnité de déménagement et l'intervention personnelle de la duchesse pour le dégager honorablement de Mayence, ne voulant pas faire faux-bond après Riedel, Bahrdt, Herel, et mettre ainsi Groschlag dans l'embarras (19 juill., à Goertz). — Le 23 juill. 1772, il envoyait son acceptation définitive. Le 26, il recevait copie de la L. de Goertz à Groschlag et de celle de Anna Amalia à l'Électeur, et communiquait copie de la démission qu'il lui avait adressée : « J'ai passe le Rubicon. ■ Cf. les lettres publiées par K. Obser, Euph., VI 11 (1901), p. 68 à 72.

3. Beailili Mu:m'\mi : Anna Amalia, p. 52. — EltHARD, o. c, p. 108 ss., qui reproduit la lettre de démission et la réponse du Prince Électeur; cette réponse est datée du 10 août.

4. Hassencamp, p. 164; Vierteljhrsihr., I, p, 391; von Stotzingf.n, art. c, p. 406.

5. Le rapport de W. à Dalberg de 1778 est publié en partie par Boxrerger : Jahrb. d. kgl. Akad. Erfurt.N. F. VI, p. 133 ss.— Cf. Seuffert: Franz wn Krones zum 19. Nov. 1895 gemdmet, p. 75 ss.; Euph., III (1896), p. 521 ss.; Georg Liebe : Die Universitài Erfitrt und Dalberg; Neujahrsblâtter, Halle, 1898.

Wieland se transporta définitivement à Weimar en septembre J 772, moins préoccupé, comme il est permis de le supposer, de l'avenir de son Tifan, que de l'organisation de son existence. Qu'il se flattât encore d'une haute mission à remplir 1, d'un rôle qui allait fixer l'attention du monde 2, c'était façon d'en imposer aux « butors », plutôt qu'une illusion, dont il aurait été dupe. Il lui importait de tenir à distance les gens de cour, de montrer au ministre Fritsch qu'il raisonnait « comme une cruche ». Plutôt que de prêter serment, il menaça de plier bagages 3. Il tiendrait son rôle :

Mes ennemis et les envieux n'auront pas le plaisir de me voir infidèle aux principes de mon Danichmende et de Dchengis. Je ne crois pas probable que je devienne jamais un favori; moins encore, je ne pense pouvoir me maintenir sur ce parquet glissant plus longtemps que Danichmende dans sa dignité d'Itimadulet 4.

Il se drapera dans son manteau de philosophe : « Je ne parle et je n'agis que selon mes principes et mon sentiment profond. Je connais tous les masques qui m'entourent, et je souris quand je suis seul à la pensée que certains pourraient m' affliger... 5 »

Ainsi allait-il se retrouver seul comme son Diogène 6. Trop habilement, il s'était tourné vers le « soleil levant ». Que Charles- Auguste lui en sut gré 7, la duchesse ne cacha pas son dépit. Au bout d'une année, elle reconnaissait que :

Wieland n'est pas fait pour le poste où il se trouve : il est trop enthousiaste auprès des jeunes gens, trop faible pour leur tenir tète, et trop

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