‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 427 sur 505 · A. Br., II. p · texte numérisé non relu

A. Br., II. p

4. Beitràgc zur geheimen Geschichle des menschlichen Verstandes mut Geistes, aus den Archiven der Natur gezogen, II Teile, Leipzig. 1770. — Dans les Werke, sous le titre de : lieitràge zur geheimen Geschichte der Menschheit. La lr' édition était divisée en G livres, comprenant Reisc et Bekenn nisse d'Aboulfouaris, qui, dans les Werke, onl été remplacés par un article postérieur : Uber die vorgeblicht Abnahmc des menschlichen Geschlechtes (1777), Merkur, 1777, 1. Cf. D. Br., I,

p. 1 35 ; Bl CHNER, O. C, p. 36.

5. Cf. Lœbell, o. c, p. 205; Festeb : Rousseau und die '</. Geschichtsphihsophie (1X90), p. 8u ss.; Seuffbrt : Vierteljhrschr., I, p. 350.

a l'université d'erfurt 435

à l'égard du « respectable original », du « chimérique sophiste », qui « présente un odieux paradoxe avec une belle mine de sincérité et de bonne foi » 1, le moraliste n'en est que plus libre dans son propos. Ainsi qu'il en usait avec Shakespeare, il prend de faciles avantages, afin de faire passer ses concessions à l'esprit de Rousseau. Il feint d'excuser les outrances de la franchise par les froissements de la sensibilité, de lui laisser le bénéfice de ses bonnes intentions et de la naïveté 2 : « Vus d'un septième étage de la Babylone moderne, le luxe, les vices, les folies, ont un autre aspect que du château enchanté de Ferney 3. » Mais encore, les « lubies » de Rousseau ne sont-elles pas, comme chez Diogène, « une satisfaction donnée aux sots »? 4 II pourrait bien en être de même de leur réfutation ostentatoire. S'y attacher comme à l'objet important des Contributions, ce serait se donner la part trop belle pour convaincre Wieland de légèreté et de partialité 5. Pouvait-il se méprendre à ce point sur la pensée de l'auteur du Contrat Social, lui qui, dans son Miroir d'Or, va s'en montrer si imprégné? Au surplus, Wieland ne cherche pas à épargner les « sophistes à la mode », qui « maltraitent la bonne nature et la saine raison en son simple manteau socratique »; il ne se fait pas faute de parodier les présomptueux adversaires de Rousseau. L'homme primitif, un animal, quelle injure ! s'écriaient-ils, la société, source de tous nos maux, quelle aberration ! Mais l'homme est-il un être de raison, un pur esprit? Est-il fondé à se dresser au-dessus de la nature, et à chercher son destin dans les astres? L'idéaliser vaut-il mieux que l'avilir6? Il n'y a pas lieu de rougir de l'humilité de nos origines, pas plus que d'exalter notre destin, de bouder à la nature plus qu'à la raison. « La nature qui a toujours raison n'a pas manqué de sagesse en nous faisant tels que nous sommes, et ce n'est pas sa

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