‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 44 sur 505 · v. 109 ss. lA 1, p · texte numérisé non relu

v. 109 ss. lA 1, p

convie au bonheur \ » Le Pastor Fido de Guarini lui avait donné la note :

Quanto il mondo ha di vago et di gentile Opra e d'amore...2

A cause de cette transposition du thème mystique dans le ton de la pastorale, Bodmer crut à une parodie du Per vigilium Veneris; même il pensa au Banquet de Platon 3. II plaçait l'auteur entre Klopstock et Kleist, encore qu'il se perdît quelque peu dans le « galimatias » de l'enthousiasme et de la spéculation 4, qui le frappait surtout dans deux odes, à la suite du cantique 5. Wieland dut lui confirmer que sa Doris était tout aussi vivante que celle de Kleist6 ou que la Fanny de Klopstock. Sinon, ajoutait-il imprudemment, il eût aussi bien composé une élégie tibullique '.

N'était-ce pas l'aveu de la contrainte imposée à son sentiment? Obligé de n'invoquer qu'une apparition, dont « le chaste regard » scintille dans la pénombre « comme l'étoile du soir », il est amené à projeter son espoir dans le ciel. Il se produit ainsi un dédoublement du sentiment, et comme la substitution de l'image à l'objet. L'inquiétude du cœur se convertit en béatitude mystique : « 0, comme le désir s'endort dans mon sein ! » Car il ne s'agit plus tant de la vérité extérieure que de l'élan initial : l'emphase répond

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