‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 448 sur 505 · H. XVIII, p. 40 s · texte numérisé non relu

H. XVIII, p. 40 s

chianie. elle risque de bouleverser l'État. Si la France est particulièrement visée, ainsi qu'il ressort des allusions à l'influence exercée par une Maintenon ou une Pompadour, aux persécutions des protestants et des jansénistes, et aux Camisardes, la satire n'en porte pas moins également sur l'Autriche et sur l'Allemagne 1. Elle ne met pas seulement le clergé en cause, mais bien la religion elle-même, autant que le faisait Le Christianisme dévoile, ou le Système de la nature de d'Holbach. Wieland a beau s'en défendre par la tactique habituelle, en se dérobant derrière ses prétendues sources 2, ou les annotations des traducteurs chinois et latin de sa chronique; assurer qu'il ne songe à rien moins qu'à ruiner « l'assise vénérable de la paix sociale » par une attaque contre la « tartuferie »; déclarer d'autre part que « s'il fut un temps où il y avait quelque mérite à s'en prendre aux ennemis de la religion et de la société, ce temps était passé3 »; il ne saurait donner le change. S'il feint de vouloir éviter des excès « bien plus dangereux, l'irréligion et l'immoralité, que l'on développe, sous prétexte de combattre un mal plus ou moins imaginaire sous le manteau de la philosophie », en sacrifiant le récit détaillé des conflits religieux, il s'étend d'autant plus complaisamment sur la querelle des Ya- Faous et des Confalous *.

Les uns et les autres sont trop clairement désignés pour qu'on puisse hésiter à reconnaître les moines et les jésuites : ceux-là à leur fanatisme et leur esprit vindicatif, ceux-ci à leurs intrigues, à leur habileté à s'insinuer auprès des Grands comme dans les boudoirs; par leurs « petits talents », ces « libres penseurs parmi les bonzes » savent si bien s'imposer, que Tifan lui-même hésitera à dissoudre leur ordre lorsqu'il supprimera les congrégations. Aussi bien le persiflage de 1' « oracle de la grande pagode » et de la foi aux miracles, à propos du schisme qui oppose les partisans du singe bleu et du singe fauve, ne laisse-t-il pas douter de la portée

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