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i. H. XIX, p. 95.
pour Joseph II. N'a-t-il pas formé son héros aux principes d'une morale « pythagoricienne » suivant laquelle « tous les hommes sont frères », et personne n'a le droit d'asservir son prochain? 1
Aussi, dans sa loi fondamentale, Tifan inscrit en premier lieu les devoirs du prince. Il se tient pour le régent « du roi des rois », en d'autres termes pour le serviteur de l'État. Il ne peut gouverner qu'au nom du « législateur des êtres », et doit tirer sa règle de conduite de la « loi suprême », qui lui impose de rechercher le bien et le perfectionnement de ses sujets 2. La charte n'est « intangible » qu'autant qu'elle oblige le prince, puisqu'elle ne peut être modifiée qu'avec l'assentiment de la nation. Ne reconnaît-elle pas aux assemblées provinciales le droit de pétition, de représentation, voire de résistance aux mesures contraires aux principes?3 Afin de consacrer cette restriction qu'elle impose au gouvernement, elle est confiée à la garde de l'Église. En les intégrant dans le dogme, Tifan met les « principes » à l'abri de toute discussion, comme de toutes infractions, au risque de dresser un jour l'Église contre l'État.
S'il est accordé aux Parlements un droit de contrôle sur les actes du Gouvernement, allant jusqu'à la résistance, c'est qu'en Chéchianie, tout se fait « de la façon la plus simple du monde ». Le roi, qui prête serment au peuple comme à Dieu4, n'a d'initiative « que pour faire le bien »; il s'est ôté le pouvoir « de faire du mal ». Il n'a guère qu'à présider à la reconstitution du pays, laquelle s'accomplit spontanément, une fois l'ordre rétabli. Son action, ainsi que celle de la nature, reste cachée et ne se fait sentir qu'à ses effets 4. Elle se confond avec l'évolution morale qui s'accomplit à la faveur d'une réglementation judicieuse de la vie économique 5. Du moment que le roi ne gouverne plus, que c'est «la loi qui gouverne par le roi », avec participation des trois ordres, la prospérité renaît :
Le peuple respecte ses chefs, et il est satisfait de son sort; la noblesse se montre digne de ses privilèges...; les juges ne trahissent plus la justice, les fermiers généraux ne pillent plus les deniers publics, et les