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intendants ne pressurent pas leur province. Les savants ont du bon sens, les commerçants de l'honnêteté, les prêtres de la tolérance et de la charité '.
Tifan aurait-il fait ce miracle? Mais il n'est, Danichmende le souligne, qu'un symbole comme Cyrus : il se conforme à la pure raison, ou à une vertu « rarement donnée à un mortel » 2. Comme il est « seul de son espèce », il ne saurait porter ombrage à un autre souverain en rétablissant « un âge d'or dont l'humanité jouissait sous la tutelle des dieux », et en se faisant aimer « comme le père d'un peuple heureux 3 ». Moins un chef qu'un modèle, il insuffle son âme à ses sujets, leur communique son esprit 4. Qu'il soit tel que l'imagine le Traité des qualités d'un grand roi, ou système d'un sage gouvernement de Morelly, ou le Bélisaire, « il existera néanmoins quelque jour, car il importe à l'humanité qu'il puisse exister »5.
Quant à expliquer au Shah Gébal, piqué par la pointe satirique de l'exposé, comment s'est réalisé un tel miracle naturel, c'est trop demander au brave Danichmende. Il ne saurait qu'énoncer l'idéal d'un État « dont toutes les parties seraient comme les membres d'un organisme, parcourus par un même sang » 6. Aussi bien ne s'agit-il que de l'aboutissement d'une évolution, une fois écartés les obstacles mis au libre cours de la civilisation. Au demeurant, Tifan ne fait que se conformer aux doctrines économiques de l'époque ~. En bon « physiocrate », il augmente la population, met en valeur les terres incultes, prévient les disettes, stimule l'activité industrielle, crée de la richesse. Il connaît par Y Ami des hommes