Frankfurter Gel. Anzeigen (D. Lit. Denkm. 7-8, p
tions pédagogiques, Lavater laissait passer l'attaque contre le christianisme, en considération du « nerf moral o1, d'autres la satire politique à cause de l'inspiration humanitaire 2. L'équivoque servait à la diffusion des idées mieux que n'eût fait une tendance plus accusée, encore que certains, comme V. B. Tscharner, trouvaient plus de saveur à YUsong de Haller3.
Cette pensée ondoyante, qui jouait avec le paradoxe et se dérobait sous l'ironie, était en effet faite pour dérouter plutôt que pour orienter. Elle reflétait des aspirations et des spéculations, mêlait l'idéologie de Fénelon et de Ramsay, que Wieland s'était appropriée en Suisse, avec la théorie du Contrat social et les doctrines des Économistes. Utopique et dogmatique, elle manquait d'un fond solide. Elle n'en était que plus accessible à un public encore peu familiarisé avec de telles considérations. Le lecteur, comme remarquait malicieusement Goethe 4, n'avait pas à craindre de s'endormir : il était sûr de retrouver à son réveil de belles sentences, détachées en lettres d'or sur la fiction. Mais les jeunes préféraient l'accent de la République des savants de Klopstock, ou des Rêveries patriotiques de J. Môser. Cette sagesse habilement dosée, cette critique réticente ne marquaient-elles pas chez Wieland le début d'une dernière période, dans laquelle le génie poétique allait faire place à une activité de moraliste? 6
C'est une impression qui devait se dégager des Réflexions sur une vieille inscription* , dans lesquelles s'affichait ce détachement de l'esprit. Résigné à laisser les choses aller leur train, et pensant que les hommes resteront ce qu'ils ont toujours été 7, l'auteur n'avait-il pas, dans son Miroir, joué seulement avec des hypothèses? Sans plus prendre parti entre « l'apôtre Voltaire et le prophète