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il faudra bien, tôt ou tard, en arriver là! • » Les a jeunes fous », qui se pressaient autour de Klopstock, oubliant que c'est Wieland qui leur avait ouvert la nature et libéré l'esprit, après avoir bien honni le « corrupteur socratique », et bafoué sa débile vertu, finiront par se demander avec Lenz si, dans sa résignation, le « doux rêveur n'avait pas plus de piété qu'eux tous » 2. Wieland laissera passer l'orage, admirant Werther et Allwill, toujours prêt à se prêter à l'enchantement « d'un plus grand magicien que lui », et lorsque Gttthe le rejoindra à Weimar, il se laissera « pénétrer de sa lumière comme du soleil une goutte de rosée » 3. Pas assez poète pour se créer son univers, ni assez philosophe pour bannir les charmes du monde, il n'ignorait plus qu'il n'était pas « un grand homme »; mais, « pour n'être pas Michel-Ange, Guido en est-il moins un peintre estimable » ? 4
De fait, son autorité grandissait, comme l'attestait la souscription au second Agathon et au Mercure. Des salons aristocratiques, elle débordait sur le grand public, dont il allait devenir « l'idole » 5. A Vienne, son souple talent, avec sa lumière méridionale, devait susciter bientôt l'émulation des Alxinger, Blumauer, Caroline Pichler. S'il encourageait aussi certain dilettantisme frivole ou voluptueux, comme chez Michaelis et Heinse, pour ne rien dire de tel impudent imitateur de Grecourt, qui osait se recommander de lui 8, Wieland stimulait le plaisir littéraire, formait l'esprit et le goût d'une nouvelle génération. Avant de le renier, classiques et romantiques auront beaucoup à apprendre de lui 7. Lessing se décidait à consacrer son mérite par une accolade, depuis longtemps attendue 8. Mais le bon maître ne s'en faisait plus accroire. Aux éloges des Français, Raynal et de Yilloison, il « souffrira