Ch. II, v. 432 ss. I A I p
Seulement, il entend savourer, à la faveur de l'équivoque, la troublante confusion du sentiment. Une Panthée y réussit mieux qu'une Laïs ou une Corinne; elle inspire des élans sublimes.
Alors il n'est point d'essor trop haut pour mon imagination; comme l'aigle s'élance les ailes déployées vers le soleil, je sens dans tes bras mes vœux s'exalter, un souffle divin anime mes chants '.
Ce n'est pas à dire qu'elle doive ménager plus qu'une autre les caresses, le priver de ravissements « dignes de la divinité », qui, à force d'intensité, « deviennent une douce souffrance » 2.
Attendrait-on du jeune idéaliste cette expérience de la séduction? Il sait par quelle transition le vertige s'empare des ingénues au moment où, « dans des transports tels que la bouche ne parvient plus à se rassasier de baisers... l'âme se perd dans l'extase ». Quelle précaution qu'il prenne de laisser la volupté dans le demijour esthétique, il ne réussit pas toujours à maintenir l'expression dans la note légère de la fantaisie. C'est bien que la vie s'est rapprochée, et que l'aspiration ne fuse plus dans l'espace. Comme il dit ailleurs, s'il n'est pas épicurien, il n'entend pas poser au stoïcien.
Il est bon, quand on a pénétré profondément dans le royaume des idées, de revenir dans le monde physique, et de se souvenir que notre corps est un peu plus qu'un « pneumatique schéma » 3.
Il concède d'un air détaché que « le soi-disant amour platonique n'est qu'une amitié pour une personne de l'autre sexe ».
L'amour dans lequel il veut instruire les belles n'est plus la suave expression, mais bien l'harmonie de la sensibilité el de l'es-