‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 52 sur 505 · A. Br., I, p · texte numérisé non relu

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mais bien à un de ses récents imitateurs, à Saint-Evremond, qui instruit Wieland dans la morale de Ninon, ou plutôt à LaMettrie, qui lui fournit, comme il semble, à la fois la forme et la matière de son impromptu 1. S'il se pique d'en remontrer aux « Maîtres des arts galants », en spiritualisant le plaisir, en le transportant dans un âge d'or plus sentimental que naïf, Wieland ne le rend pas moins engageant et insinuant. A bon droit Bodmer flairait dans cet Anti-Ovide un Demi-Ovide ~.

Il lui était en effet difficile de donner le change. S'il croit détourner le désir vers la félicité « d'un nouveau paradis », qui ferait oublier (ainsi que l'auteur s'en flatte à l'égard de Panthéa, le nouveau surnom de Sophie) les charmes du corps pour la beauté de l'âme3, pourquoi cette insistance à les évoquer? La Mettrie n'écarte-t-il pas aussi « l'infâme volupté » pour une jouissance plus délicate, pénétrée de joie intellectuelle? Que le « doux instinct » se voile, que la passion se dégrade en galanterie, c'est le propre de la culture et l'effet de la vie sociale. Wieland n'est plus si candide qu'il ne se laisse prendre à l'allure innocente de son Eros. Il ne veut perdre « aucun des attraits que la nature répand sur son ouvre .

Oui, le corps aussi, dont les charmes honorent l'âme qui l'habite, le visage aussi, sur lequel se reflètent gracieusement les vertus d'un cœur plus beau, les lèvres qui savent donner des baisers, méritent notre ravissement quand nous les embrassons 4.

1. L'an d'aimer, île la Mettrie (1751), n'est pas cite, mais il semble bien avoir inspiré celui de VY., ainsi que la tendance anacréontique du printemps 1752. — Dans sa lettre à Bodmer du 6 mars, W., condamnant apparemment la poésie légère de Hagedorn, n'en regrette pas moins l'époque heureuse, « da ailes scherzt' und liebte », et il ajoute : « Jetzt liebt man nach den schônen Vorschriften der Ninon de l'Enclos; eine Miltonische oder Klopstockische Liebe sind Enthusiastereien. » (A. Br., I, p. 41.) Dans l'éd. des Werke (1797), il reconnaît combien une lecture agissait alors sur son imagination : « Lieblingslektiiren pflegten damais allezeit so slnrk aui unsern Dichter 7.11 wirken, dass er unvermutet, ja meistens gegen seinen Wunsch und Willen, etwas von der Manier des Autors annahm, der gerade zur Zeit, wenn er etwas componierte, a m meisten bei ihm galt. D'après le Vorbericht de 1762, V Anti-Ovide iui composé en quelques jours de printemps

•j. A Zellweger, 1: mai 1752 (Euph. Ergzh., :t. p ï

:i. C.li. II. v. 23 ss. (A I, p. 319).

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