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prit, « une mélodie produite par des fibres accordées » l. Ce n'est plus la vertu d'une Agnès qui fait les délices de la vie, mais un charme plus délicat, qui donne à l'instinct sa mesure et qui l'ennoblit l. C'était de quoi rendre les jeunes filles « toutes romantiques », selon Bodmer, qui voudrait savoir ce que l'auteur entend au juste par un baiser 2. Mais celui-ci ne soutient-il pas que « même parmi les Albine et les Chloé, un sage trouve toujours un objet digne de ses caresses » 3, et que, dans les bras de son amie, « le plus court poème d'Uz est trop long et plus sec qu'une anthologie »4?
Cette désinvolture n'est pas seulement le reflet de l'enjouement sensuel, qui séduit son esprit, un premier pétillement de frivolité dans sa sentimentalité; c'est encore la découverte d'un mode d'ironie mieux adapté à sa fantaisie que celui des grands genres poétiques qu'il a essayés. Un premier contact avec la forme du rococo, dont il est plus charmé qu'il n'ose l'avouer à Bodmer. Quoi de plus révélateur que le plaisir pris à l'élaboration de cette rapsodie 5? Elle est le premier travail exécuté con aniore, et non pas, ainsi que Wieland l'écrit à Volz, dans le dessein d'en remontrer à Uz et ses pareils 6. S'il a cédé une fois de plus à l'impatience d'être publié, et s'il n'a pas surveillé d'assez près la composition et la forme, il n'en considère pas moins, à distance, que la poésie y est plus supportable que dans ses autres productions de cette époque 7. Aussi prendra-t-il la peine de refondre l'ouvrage, fût-ce au détriment de sa légèreté première : « On ne gagne pas beaucoup à rapiécer un vieux vêtement au point de lui enlever sa couleur originale; ces réparations n'aboutissent qu'à en faire une défroque 8. »
1. Ch. II, v. 20 ss. (A I, p. 319) et II, v. 322 ss. (A 1, p. 327) : « Die Liebe gleicht der Mélodie. / Der Triebe Seele, wie der Tône,/ Ist die Veranderung, wenn sie mit Harmonie / Das Mannigfallige, so streitend es oft scheinet, / Gesellig macht und unvermerkt vereinet. »