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de l'amour il se lance dans ceux de la sagesse ». Mais il sent le besoin de cette cure morale :
Vous me fortifierez dans mes bonnes résolutions, demande-t-il à Bodmer, comme naguère à Sophie, vous mettrez de l'ordre en moimême, vous m'éclairerez sur les vérités que je ne discerne pas encore, vous redresserez mes erreurs avec bienveillance et prudence, vous ferez mûrir les fruits de mon cœur et de mon esprit *.
C'est qu'il ne se sent pas d'aplomb, pas en accord avec sa pensée. « Il y a en moi, confesse-t-il, un singulier mélange d'amourpropre et d'humilité. Tantôt je me vois au-dessus du monde, et tantôt il n'est personne qui ne me paraisse meilleur que moi2. » S'il se reconnaît « une droiture inflexible », il se trouve aussi « tendre, si tendre qu'il a peur de ne pouvoir vivre sans amour » 3. Il faudra que Bodmer le traite avec indulgence. « Sans le sentiment de ne pouvoir me modeler sur vous, je n'oserais aller à vous4. » Comme il voudrait faire oublier son corps, « la moindre partie de lui-même, impropre à faire valoir son âme »5, il masque celle-ci dans des personnages de Bodmer : Husan, de la Noachide, ou Joseph 6. Ne renie-t-il pas ses obligations envers Meier et Brucker, le parrain de Sophie ? Klopstock lui-même est lâché pour son caractère '. Wieland plie si bien, que Bodmer peut croire à une étonnante conformité. « Il sent selon mon cœur et pense avec mon cerveau 8. » Cette facilité à s'accorder serait-elle sans péril ?