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3. Briefe von Verstorbenen an hinterlassene Freunde, Zurich, 1753 Bodmer parle à Hess le 27 nov. 1752, d'un poème philosophique, que SeuflVrt prend pour un autre projet, et auquel il rapporte le fragment intitulé : das Ratsel (Euph. Ergzh. 3, p. 90. Cf. MÔ8IK0ÏER, o. c, p. 193.)
qu'il veut traiter en philosophe, avec le secours du merveilleux poétique, « les grandes idées de la destinée et de l'immortalité », un sujet sur lequel il « croyait en savoir plus qu'E. Rowe, tout en discernant, aussi bien que le disciple le plus positif de Hume et de Bolingbroke, le côté faible de ce genre d'ouvrage » l. Au vrai, il comptait bien mystifier quelque peu les bons Zurichois. Quand il put prendre connaissance de ce travail, auquel Wieland s'appliquait avec mystère et dont il attendait merveille 2, Bodmer fut un peu déconcerté : il lui semblait devoir intéresser plutôt « de grands esprits anglais ».
Elles sont bien, en effet, de la tonalité tendre et religieuse d'E. Rowe, ces Lettres des Trépassés, mais sans le sombre de Young, ni rien de funèbre, d'endeuillé dans l'inspiration. Si, de l'au-delà, elles ne donnent pas une vision séraphique, elles ouvrent une perspective assez rassurante pour faire oublier la mort. Dans son décor de féerie et son style arcadien, cet au-delà est à l'image du bonheur rêvé par le poète ici-bas, si différent que le voudrait sa fantaisie. Qu'il soit organisé pour des êtres autrement constitués, dotés d'une sensibilité réduite à un seul sens, qu'il soit tissé de rayons, vibrant de musique ou délicieusement parfumé 3, qu'il offre à l'àme exilée en quelque lointaine étoile des agréments analogues à ceux des îles fortunées, des grottes de marbre enguirlandées de raisins d'or, des tonnelles galantes, des pelouses où dansent des nymphes 4, il n'importe; où qu'elle soit, ce qui la ravit, c'est le spectacle du cosmos, c'est l'harmonieux mouvement des mondes, tirés l'un après l'autre des profondeurs insondables où ils attendent le moment de paraître. Une vision cosmogonique, à laquelle le Timée de Platon et le Songe de Scipion fournissent à nouveau son cadre, mais dont la structure animiste rappelle le poème de la nature 5.