‹ Ça et làChapitre 27 sur 46 · SUZANNE · texte numérisé non relu

SUZANNE

UoHBiiif Je te sais grA, Suzanne, brave flile. De tes pauvres habits et de ton teint hâlé! Que j'admire ton front de sueur emp( ilo! Que j'honore ta main durcie à la faucille!

Tout l'été dans les champs, tout l'hiver à l'aiguille. Jamais de ton grand cœur un soupir exhalé Kâ trahi des soucis dont lu n'as pas parlé; Ta rie est un devoir, ange de la famille.

5i6 LA CAMPAGNE,

Nos garçons les mieux faits el de meilleur renom

Sollicitent la main, et tu leur as dit : « Non.

« Non, car Dieu m'a liée, et je garde ma chaîne I »

El tranquille, vouée à la mère, à tes sœurs, Pour ta beauté perdue en de si durs labeurs, Il n'est pab un regret dans ton Àmt aertina.

«râce »'en haut.

lA fortune a baissé, mais ton ftme s'élever; Dans ton cœur labouré je vois poindre la foi. C'est bien; lu sors enfin du sommeil el du rêve. Ah! j'ai tremblé pour loi!

En ce temps-là, brillant de l'orgueil de la vie. Mesurant l'avenir d'un œil audacieux, Tu ne paraissais pas sans exciter Tenfie : Je t*ai souhaité mieax !

La gloire s'attachait à tes moindres «nvrafea, L'or courait en tes mains ouvertes à moitié; Ton front étincelant défiait les orages; Diei t'4 pris ea pHié.

Lorsque la renommée épuisait son haleine A VHiilci" Ion génie et ses jeux triomphants, Lorsque lajoiehantaH ta maison, toute pleine D'or, de fleurs et d'enfants;

Pour ramener à lui, pour te rendre à toi-même. Pour élever ton âme à toute sa valeur. Pour le donner enfin l'avenir. Dieu, qui t'aime. T'envoya le malheur.

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