‹ Ça et la (volume 2)Chapitre 3 sur 100 · ÉPURE DÉDICATOIRE · texte numérisé non relu

ÉPURE DÉDICATOIRE

mettaient d’abord la nappe, et couraient avertir le maître absent.

Te souviens-tu de la jeune comtesse qui nous jeta la bienvenue, du balcon de son château crénelé ? Le pontlevis était chargé de fleurs. Quand nous entrâmes elle renouvela son salut et nous tendit sa fine et noble main.

Et le vieux curé dans son vieux presbytère? Je vois sa table boiteuse près de la fenêtre encadrée de vigne sauvage, ses vieux livres derrière un rideau, son lit entouré de vieille serge, son rire cordial, son pain bis, son beurre de la matinée, son joli vin.

Nous regardions ses meubles usés, plus qu’usés, sa maison tout entière vermoulue, qui branlait au vent et craquait sous nos pieds. « Bah! disait-il, pour un an, peut-être, que j’ai à loger ici. est-ce la peine de changer rien ? »

De son grenier plein d’une odeur de pommes, on voit le mont Blanc mieux que de Chamounix..., quand on le voit. On ne le voyait pas ce jour-là. Mais quels effets de pluie ! quels bruits de clochettes à travers la brume .' quels parfums de montagne mouillée.

Tu voulais rester pour peindre des effets de pluie, je voulais rester pour faire des vers. Nous partions, emportant et laissant les souhaits du cœur. Nous arrivions dans un autre gîte, où nous voulions rester encore* nous voulions rester partout.

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