‹ Ça et la (volume 2)Chapitre 4 sur 100 · ÉPITRE DÉD1CAT0IRE · texte numérisé non relu

ÉPITRE DÉD1CAT0IRE

Notre voiture — quelle voiture! — gémissait sur des routes affreuses et charmantes. O joyeux embarras ! 6 ravissements soudains devant ces perspectives immenses, ces pics neigeux, ces arbres noirs, ces eaux bondissantes !

Mais le plus grand charme, c’était l’homme. Jamais, en si peu de jours, je n'ai rencontré tant de bonnes âmes, tant de fermes esprits. La franchise éclairait les visages, le bon sens réglait les discours, les cœurs battaient pour le bien.

Jamais, non pas même dans les premiers enivrements de la jeunesse et de la liberté, jamais d’un pied plus heureux je ne fis lever la poussière du chemin ; jamais d’une oreille plus charmée je n’écoutai la voix des solitudes ;

Jamais je ne portai dans les sanctuaires un cœur plus enivré de reconnaissance et d’amour. — Seigneur Dieu, Créateur du monde, vos œuvres sont belles ! Seigneur Dieu, père et maître des hommes, vous les avez faits droits et bons !

Je me disais : « Je décrirai ces lieux; je conterai ces histoires ; je peindrai ces physionomies fortes et pures ; je rapporterai ces entretiens où d’aimables sages versent dans mon intelligence les trésors qui s’accroissent en vieillissant. »

Plus tard, sur les plages bretonnes, et dans les plaines

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