‹ Ça et la (volume 2)Chapitre 35 sur 100 · LES SUITES · texte numérisé non relu

LES SUITES

Je dis un de plus : celui-là n’est pas le seul. Sous le souffle puissant qui crée ces œuvres, je laisse à penser si les œuvres déjà existantes ont langui. Tout vit, tout s’agrandit, tout prospère, il vient des novices aux Chartreux et aux Dominicains, il vient des apprenties à l’Atelier de couture, il vient des mondains à la retraite, des incrédules à la foi, des paralytiques à la piscine. Ce mouvement, ces conquêtes, ces bénédictions donnent au clergé une ardeur qui le fait croître chaque jour en vie, en œuvres et en sainteté. Ce n’est pas une page, c’est un volume qu’il faudrait écrire pour montrer tout ce qui se prépare. L’élan, sans cesser d’être religieux, est devenu national. Les récalcitrants, convertis à l’équité et à la bienveillance, deviennent eux-mêmes pieux... archéologiquement. On restaure les souvenirs du pays : ils sont chrétiens ; on relève les renommées et les gloires du pays : elles sont chrétiennes. Que voulez-vous y faire ? Si on trouvait autre chose, on le prendrait. Mais il faut des grands hommes, et, dans ce pays-là non plus,

126 RÉSURRECTION ü’üNE VILLE.

l’impiété n’en a point fait qui puissent tenir contre leur biographie.

Enfin le pauvre évêque chassé est mort loin de son diocèse, mais il est mort consolé. Quelque jour, ses diocésains l’enverront chercher en pompe, il sera ramené dans sa cathédrale, où la piété publique lui dressera une tombe expiatoire, et les prières des morts seront chantées sur sa dépouille par une glorieuse foule de prêtres, de moines, de religieuses, de fidèles, composée des enfants de ceux qui croyaient l’avoir banni à jamais, et qui avaient dit : « Nous n’en voulons plus. »

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