‹ Ça et la (volume 3)Chapitre 43 sur 74 · CANTIQUE · texte numérisé non relu

CANTIQUE

L'homme, pèlerin sur la terre, Se I)^aint d'y reposer trop peu ; Pour moi, dans ce voyage ai:>|L're, Je n'accuserai pas mon Dieu.

Oubliant le terme céleste, Je dormais d'un sommeil funeste ;

Dieu m'éveilla.

Sa main me monlrait l;i carrière.

Je voyais clair à sa lumière :

Alléluia!

Bientôt le chemin devint rude:

0 froides nuits ! ô sombres jours!

J'avançai sans inquiétude, Et mon âme espéra toujours.

La foudre a grondé sur ma tête ; Dieu se fit voir dans la tempête,

Le ciel brilla.

J'ai trouvé dans toute contrée De l'eau pour ma lèvre altérée :

Alléluia!

Sur les montagnes les plus hautes J'ai rencontré de doux abris ; Au désert j'ai trouvé des hôtes, J'ai vu des fleurs dans les débris Souvent, trop prompt ou trop timide, Je crus avoir perdu mon guide;

11 était là.

Courbé sous la chaleur pesante, Je sentais ma main bienfaisante :

Alléluia I

Je n'ai pas la faveur du monde, Je ne suis pas un de ses rois ; Mais ailleurs mon bonheur se fonde :

Jésus-Christ m"a donné sa croix.

Je la porte et je la révère !

Si parfois, sous ce poids sévère.

Mon cœur plia,

Jésus, redoublant de tendresse M'a fait rougir de ma faiblesse :

Alléluia !

La mort a traversé ma voie.

Me frappant au cœur sans relour ;

Elle m'a pris toute ma joie.

Mais j'ai gardé tout mon aniCur.

J'avais une fille chèr« :

I^e ciel pour la cour de Marie

Me l'envia.

Dieu — qu'il soit béni ! -- de la tombe rit un nid sûr pour ma colombe :

Alléluia!

Tu brilles au ciel, mon étoile!

Chaste flambeau de sombre azur. De la nuit lu perces le voile Et tu fais mon chemin plus sûr.

Ta tombe germe l'espérance :

Je sais pourquoi par lasouffran j

Dieu me lia ; Je sais le secret de -la vie.

Je sais que la mort nous làlic :

Alléluia !

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