ET QUEL TEMPS FUT JAMAIS PLUS FERTILE EN MIRACLES
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rÉgJise, avec lesquelles elle triomphera toujours dans une foule de cœurs, et que Teufer ne peut lui arracher. Théodose hésitait 'depuis des années sans bouger d'un pas. Une âme pure le frôle en s'envolant au ciel : il est plus fortement ébpanlé, mais il résiste encore; un instant après, le contact d'une âme vile et misérable le déracine enfin : il marche, il ne s'arrêtera plus. Que faire ? comment empêcher de tels accidents et briser ce moteur invincible qu'ils éveillent en nous et qui nous porte k Dieu? Voilà un autre homme, notre ami Pierre, qui était dans les meilleures conditions pour n'arriver jamais au confessionnal ; mais il aime sa femme et son enfant ; il est pris. L'histoire de Pierre nous fait entendre pourquoi d'habiles gens ont inventé un système d'éducation publique qui supprime à peu près les premières communions, et pourquoi d'autres, qui ne sont pas sots, demandent la suppression du mariage et de proche en proche l'abolition de la famille. Alors on aurait un avantage
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marqua sur TÉglisc, et le genre humain s'en trouverait admirablement.
« Mais la cause de la saine philosophie serait-elle gagnée pour cela? J'en doute. On aurait enlevé à TÉglise tous les moyens d'action et de conquête que lui fournit infailliblement Tordre normal des sociétés ; il resterait à lui ôter ceux que lui donnent les révolutions, conséquences nécessaires du désordre; et ce ne sera pas tout : il faudrait aussi ôter à Dieu la puissance des miracles. Voilà le point difficile : dans l'Académie des sciences on le cherche ; avant que l'Académie des sciences l'ait trouvé, la majorité des académiciens iront à confesse. Après avoir bien fouillé l'œuvre de Dieu dans la s/ige vue d'y saisir des arguments contre Dieu, ils finiront par y rencontrer la démonstration de l'existence de Dieu. De là à la divinité de la religion chrétienne, à la mission et à l'autorité de l'Eglise catholique, il n'y a qu'un pas. Ceux que l'étude ne convertira point, la famille les attend; ceux qui résisteront à la famille choppcront contre une autre pierre placée dans leur chemin ; et ceux qui résisteront à tout se feront un renom d'ignorance et de ridicule qui prêchera Dieu à toute la terre.
a On a vu le mariage détruit, la famille abolie, l'éducation de la jeunesse livrée aux apostats, la science tout entière aux mains des athées, et Dieu banni des académies comme des églises. Il y a de cela soixante ans. Lisez VAlmanach du Clergé; tous les chefs de la religion, à commencer par le Pape, nos évêques, nos prêtres les plus illustres, sont nés dans ces jours néfastes ; leurs i)erceaux ont surnagé sur ces déluges de sang. L'éduca-
tion de presque tous les laïques qui combattent aujourd'hui pour rÈglise s'est faite dans de mauvaises écoles, et ils en sont sortis incrédules. Dieu a prêché par les miracles. Il a suscité des saints qui travaillaient déjà à tout relever, et qui relevaient tout quand tout semblait détruit. Cette « réaction religieuse » signalée dans les journaux impies à titre de nouveauté, elle a commencé le jour où le sang d'un fidèle coula sur la terre de France pour la vérité de Jésus-Christ. Le premier qui y mit la main, ce fut le premier bourreau qui frappa le premier martyr. Quand on écrira l'histoire de la Révolution comme elle doit être écrite pour que l'on comprenne quelque chose à ce formidable événement, ce sera l'histoire d'une destruction immense, mais celle aussi d'une résurrection glorieuse. On connaîtra alors les véritables héros de ces temps malheureux, qui alors paraîtront des temps illustres. On verra que des hommes sans puissance et sans nom, de pauvres prêtres, d'humbles femmes, ont< été les vainqueurs de la Révolution ; car ils ont maintenu, relevé, affermi ce que la Révolution vour lait surtout détruire, c'est-à-dire l'Église de Dieu. On verra des miracles, non-seulement des miracles de constance, d'énergie, de conversion, d'assistance divine, mais des miracles physiques, de ces gros miracles tangibles dont nos beaux esprits ne veulent pas : des malades guéris, des pains mulipliés, la nature matérielle devenue obéissante aux ordres des serviteurs de Dieu, des prodiges de miséricorde et des prodiges de 'colère. Dieu venant quand il est appelé, et venant aussi sans qu'on l'appelle. »