‹ Ça et la (volume 5)Chapitre 61 sur 72 · ET QUEL TEMPS FUT JAMAIS PLDS FEBTILE EN MIRACLES · texte numérisé non relu

ET QUEL TEMPS FUT JAMAIS PLDS FEBTILE EN MIRACLES

Telles sont, reprit Éphrem, ces étemelles armes de l'Église , avec lesquelles elle triomphera toujours dans une foule de cœurs, et que l'enfer ne peut lui arracher. Théodose hésitait depuis des an-

nées sans bouger d'un pas. Une âme pure le frôle en s'envolant au ciel, il est plus fortement ébranlé, mais il résiste encore ; un instant après le contact d'une âme vile et misérable le déracine .enfin, il marche, il ne s'arrêtera plus. Que faire? comment empêcher de tels accidents et briser à jamais ce moteur invincible qu'ils éveillent en nous et qui nous porte à Dieu? Voilà un autre homme, notre ami Pierre, qui était dans les meilleures conditions pour n'arriver jamais au confessionnal; mais il aime sa femme et son enfant, il est pris. L'histoire de Pierre nous fait entendre pourquoi d'habiles gens ont inventé un système d'éducation publique qui supprime à peu près les premières communions; et pourquoi d'autres, qui ne sont pas sots, demandent la supression du mariage et de proche en proche l'abolition de la famille. Alors on aurait un avantage marqué sur l'Église, et le genre humain s'en trouverait admirablement.

Mais la cause de la saine philosophie serait-elle gagnée pour cela? J'en doute. On aurait enlevé à l'Église tous les moyens d'action et de conquête que lui fournit infailliblement l'ordre normal des sociétés; il resterait à lui ôter ceux que lui donnent lès révolutions, conséquences nécessaires du désordre ; et ce ne sera pas tout : il faudrait aussi ôter à Dieu la puissance des miracles. Voilà le point difficile : dans l'Académie des sciences , on le cherche. Avant que l'Académie des sciences l'ait trouvé, la majorité des académiciens iront à confesse. Après avoir bien

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fouillé l'oeuvre de Dieu dans la sage vue d*y saisir des arguments contre Dieu , ils finiront par y rencontrer la démonstration de Texistence de Dieu. De là à la divinité de la religion chrétienne, à la mission et à Tautorité de l'Église catholique, il n'y a qu'un pas. Ceux que l'étude ne convertira point, la famille les attend ; ceux qui résisteront à la famille chopperont cojitre une autre pierre placée dans leur chemin ; et ceux qui résisteront à tout se feront un renom d'ignorance et de ridicule qui prêchera Dieu à toute la terre.

On a vu le mariage détruit, la famille abolie, l'éducation de la jeunesse livrée aux apostats , la science tout entière aux mains des athées , et Dieu banni des académies comme des églises. Il y a de cela ' soixante ans. Lisez \Almanach du clergé. Tous les chefs de la religion, à commencer par le Pape, nos évêques, nos prêtres les plus illustres, sont nés dans ces jours néfastes ; leurs berceaux ont surnagé sur ces déluges de sang. L'éducation de presque tous les laïques qui combattent aujourd'hui pour l'Église s'est faite dans de mauvaises écoles , et ils en sont sortis incrédules. Dieu a prêché par les miracles. Il a suscité des saints qui travaillaient déjà à tout relever et qui relevaient tout, quand tout semblait détruit. Cette « réaction religieuse » signalée dans les journaux impies à titre de nouveauté , elle a commencé le jour où le sang d'un fidèle coula sur la terre de France pour la vérité de Jésus-Christ; le premier qui y mit la main, ce fut le premier bourreau

qui frappa le premier martyr. Quand on écrira Fhistoire de la Révolution comme elle doit être écrite pour que Ton comprenne quelque chose à ce formidable événement, ce sera l'histoire d'une destruction immense, mais celle aussi d'une résurrection glorieuse. On connaîtra alors les véritables héros de ces temps malheureux , qui alors paraîtront des temps illustres. On verra que des hommes sans puissance et sans nom, de pauvres prêtres, d'humbles femmes, ont été les vainqueurs de la Révolution, car ils ont maintenu, relevé, affermi ce qu'elle voulait surtout détruire, c'est-à-dire l'Église de Dieu. On verra des miracles, non-seulement des miracles de constance, d'énergie, de conversion, d'assistance divine et de vengeance divine; mais des miracles physiques, de ces gros miracles visibles et tangibles dont nos beaux esprits ne veulent pas : des malades guéris , des pains multipliés , la nature matérielle devenue obéissante aux ordres des ser\iteurs de Dieu, des prodiges de miséricorde et des prodiges de colère, Dieu venant quand il est appelé, et venant aussi sans qu'on l'appelle.

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