‹ Ça!...et le resteChapitre 20 sur 60 · REVERIE DEVANT L'ANTIQUE · texte numérisé non relu

REVERIE DEVANT L'ANTIQUE

Azylda s'en était allée, Un soir, seule dans le jardin, Et voilà qu'au fond d'une allée Azylda se trouve soudain

Devant un Hercule Farnèse, Bien campé dans la nudité Qui met ses mouvements ^l'aise Et ne lui tient pas chaud, l'été.

Azylda croyant voir un être Vivant — elle est seule, il fait noir — Se cache derrière un gros hêtre, Pour ne pas être vue... et voir.

Et bientôt sa frayeur s'est tue, Son petit cœur s'est desserré ; Ce n'est qu'une simple statue!

C'est celle d'Hercule, il est vrai,

Mais Hercule n'est pas un homme, C'est un dieu!... Dans un pareil lieu, A la nuit, toute seule, en somme, Qn peut bien contempler un dieu.

Elle contemple... puis, se trouble...

Pour ne pas voir, baisse les yeux...

C'est encore pire!... elle voit double !. Elle les ferme... elle voit mieux !....

Alors elle les rouvre. Et comme Elle est femme, ce que surtout Elle regarde, c'est la pomme Qu'Hercule a dans la main. Et tout

Disparaît pour AzylJa, rose Devant ce fruit officiel Qui, pour les femmes, est la chose Qui mène en enfer — par le ciel.

Et l'adorable fille d'Eve, Près de cette divinité, Se sent emportée en un rêve, Un beau rêve d'humanité !...

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