VISION MÉTALLIQUE
Elle s'est endormie, en lisant, dans la serre, Etendue au hasard sur le canapé long.
Autour d'elle les Heurs, comme un mal nécessaire, Font une dangereuse atmosphère de plomb.
La serre peu à peu prend un aspect de tombe ; La lumière, le bruit, tout s'assoupit, s'éteint Autour de la dormeuse et, sous le soir qui tombe, Les blanches mains ont des pâleurs imites d'étain.
La respiration soulève la poitrine
Et l'indiscrétion du peignoir entr'ouvert
Laisse entrevoir deux seins bien droits dont on devine
Sous le satin rosé, la fermeté de fer.
La nuit vient tout à fait, une nuit enlunée
Oui baigne ce beau corps dans un halo très doux ;
La tête s'est penchée et comme abandonnée
Dans les cheveux aux chauds reflets de cuivre roux.
Rien ne semble devoir troubler celte accalmie... Mais un rayon de lune à ce front pur qui dort Donne un très long baiser et voilà l'endormie, Sous ce rayon d'argent; qui fait des rêves d'orl