INCONSOLABLE
Elle aimait. L'amour s'est enfui.
Lui laissant au cœur la blessure
Dont la meurtrissure Reste aussi vivace aujourd'hui.
A la Vierge, ainsi qu'à ses saintes.
Elle offrit ce cœur, sans retour
Fermé pour l'amour, Par respect des amours éteintes,
Ce serment devient son orgueil.
Depuis son illusion morte,
Toujours elle porte Un ruban noir — éternel deuil ! —
Et, sous peine de sacrilège, Nul avec toi ne doit jouer
Ni te dénouer, Ruban noir sur ce cou de neige.
Ils doivent tous deux demeurer Immuables, le cœur plein d'ombre
Et le ruban sombre, Rien ne saurait les altérer...
Et pourtant, avec les années, Le noir du ruban pâlira, Le cœur faiblira, Au caprice des destinées,
Et l'inconsolable, un beau jour, Changera le ruban morose
Contre un ruban rose, Emblème d'un nouvel amour.
C'est la vie ! Ici-bas tout passe, Tout se transforme; et les douleurs,
Comme les couleurs.
Peu à peu le temps les efface.