‹ Ça!...et le resteChapitre 32 sur 60 · IDYLLE · texte numérisé non relu

IDYLLE

Gomment la chose s'était faite?

Je l'ignore. Dans tous les cas, Lucas était fou de Suzette, Suzette folle de Lucas.

Mais ce n'était qu'au fond de l'âme Que se manifestait ce feu; Pour en faire briller la flamme, Il manquait le premier aveu.

La confidence, toute prête, Jusqu'aux lèvres ne venait pas; Lucas se taisait, et Suzette Se taisait, ainsi que Lucas.

Si bien que, faits pour se comprendre, Ils pleuraient, maudissaient le sort Et n'arrivaient pas à s'entendre, Tout en étant si bien d'accord.

Or, il arriva que Suzette, En s'en allant, un beau matin, Au bois, pour cueillir la noisette, Trouva Lucas sur son chemin.

Lo hasard seul fut-il la cause l)o la rencontre? C'est douteux, Mais, soit hasard soit autre chose, Ils allèrent au bois tous deux.

Suzette, marchant la première, Pensait : « Il va se prononcer. »

Et Lucas, venant par derrière, Se disait ; « Par où commencer? »

Et, tout en suivant la fillette, Il se donnait des coups de poing, En montrant son cœur àSuzette, Quand elle ne regardait point.

Mais qu'elle retournât la tête, Et Lucas prenait tout à coup Un air indifférent et bête, Sans plus manifester du tout.

Ainsi tous deux, sur cette route, Entre la sauge et le bluet, Ils allaient, pensifs, à l'écoute De l'amour qui restait muet.

Quand on eut cueilli la noisette.

On revint et, pour le retour, Lucas marchait devant Suzette Qui suivait Lucas à son tour.

Gela la rendit plus hardie Si bien que, naturellement, Ce fut la même comédie...

Avec es simple changement

Que maintenant c'était Suzette Qui montrait son cœur plein d'espoir Et prenait l'air... le même air... bête, Lorsque Lucas pouvait la voir.

C'est ainsi, le cœur à l'écoute De l'amour qui restait muet, Qu'ils refirent la même route, Entre la sauge et le bluet.

A force d'aller tout s'arrête, La route enfin se termina.

Pour se séparer de Suzette, Lucas alors se retourna.

Ils se trouvèrent face à face.

Et le hasard — ce (h?r hasard Qui tient en amour tant de place] — Fit se rencontrer leur regard.

b'u/ette avait l'œil tout humide, .

Lucas avait l'œil tout troublé, Elle était pâle, lui livide, Jamais ils n'avaient tant tremblé !

Puis, émus par la même cause, Rapprochés, là, sur ce chemin, Lui devenu rouge, elle rose, Ensemble ils se prirent la main.

Ce fut un choc ! une étincelle I Ils s'étaient compris !... Ils pouvaient La chanter la chanson si belle Des sentiments qu'ils éprouvaient!

Quelle parole, quelle phrase, Quel langage assez plein de feu Allait la rendre cette extase Exquise du premier aveu?

Ah! comme il leur viendrait aux lèvres Le mot si doux et si bien fait Pour traduire toutes les lièvres De l'amour qui les étoulfait !

Ils pouvaient parler! S9 les dire Les angoisses des vilains jours !

Parler avec bonheur! délire 1 Parler encor! Parler toujours1...

Or, pour exprimer cette fête Dont ils étaient pleins, grisés, las, Lucas dit simplement : « Suzette. »

Suzette répondit : « Lucas. »

Deux noms dits au Lord d'une route Certes, cela n'est pas beaucoup; Il paraît que cela, sans doute, Est assez, puisque ce fut tout.

GHÉRETTE

CHÉRETTE

Elle est charmante, elle est charmante, Elle est charmante absolument.

Est-ce une vierge? Est-ce une amante?

Elle est charmante, elle est charmante.

De son charme qui nous tourmente Se doute-t-elle seulement?

Elle est charmante, elle est charmante, Elle est charmante absolument.

Blonde, svelte, rose, rieuse, C'est un joli petit Chéret, Nez au vent, mine curieuse, Blonde, svelte, rose, rieuse; Avec cela très sérieuse, Prête à tromper qui l'aimerait, Blonde, svelte, rose, rieuse,1] Oh! le joli petit Chéret!

SI

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