ENFANTILLAGE
Une cervelle de linotte Avec la gaîté d'un pinson, En quelques mots voilà la note De cette vivante chanson.
Son discours est du verbiage, Sa raison un sable mouvant, Son blason une plume au vent Et sa devise : « Enfantillage ! »
Jamais dans cette tète blonde Rien de sérieux n'est entré ; En riant elle vint au monde Et, depuis, son rire a duré,
Sa vie est un vrai gaspillage, A plaisir elle perd son temps, Cet enfant qui n'a pas vingt ans Et dit de tout : « Enfantillage ! »
Rien ne la fixe et tout l'amuse.
Qu'un poète s'avise un jour De l'adorer comme sa muse, Elle rira de son amour.
L'amour, pour elle, est un voyage Dont le chemin a trop d'azur Et dont le but lui semble obscur :
L'amour? Aimer ? Enfantillage t
Pourtant elle deviendra femme Et se mariera — pour danser — Rira de son titre de dame Et l'oubliera, sans y penser, Le vrai rôle du mariage Un enfant le lui montrera...
Mais, qui sait ? L'enfant ne sera Peut-être qu'un enfantillage.