CONCLUSION
En examinant les principales dispositions du plan tracé par Cabet de l'organisation politique et sociale d'icarie, nous .avons été conduits à dégager les grandes lignes d'une communauté. La cité communiste n'est pas à proprement parler une utopie, Thistoire nous montre qu'elle a été réalisée bieb des fois, et ne venons- nous pas de voir qu'elle le fut quelque temps par Cabet lui-même? Mais, si elle n'est pas utopique, elle est artificielle ; son existence dépend de multiples conditions, d'entraves de toute espèce qu'on ne peut réaliser ou établir qu'au moyen d'une dictature, d'un régime de fer absolument exclusif de ces consultations populaires, de ce partage du pouvoir politique qui résultent de la démocratie.
Chose singulière ; c'est parce qu'il était le plus ardent des démocrates de son temps que Cabet s'était fait Tapôlre du communisme, et, nous avons vu qu'il avait eu raison, nous avons reconnu que sans l'égalité de fait, l'égalité politique n'était qu'un vain mot, et que ce n'était pas à tort qu'il avait considéré Torganisation sociale esquissée par Thomas Morus comme l'achèvement de la Révolution française.
Comment expliquer ces contradictions apparentes ? Par ce fait que la démocratie est réellement une utopie, une idée foncièrement impraticable et que tous les régimes auxquels on donne son nom sont des aristocraties plus ou moins déguisées.
Il n'y a que des aspirations démocratiques, qui, dans leur tendance à se réaliser, enfanteront tôt ou tard le communisme. Le mérite de Cabet, démocrate radical, est d'avoir compris ou senti ce qu'il y avait d'inachevé, de bâtard et de contradictoire dans la société issue de la Kévolulion.
Vu:
Le Doyen,
G LA s SON.
Vu :
Le Président.
S. Drsghamps.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice- Recteur de V Académie de Paris,