‹ Cabinet d'un curieuxChapitre 17 sur 59 · LOUIS XV · texte numérisé non relu

LOUIS XV

2)2. Traité de la vérité de la Religion chrétienne, traduit du latin de Grotius par P. Le Jeune. Amsterdam, 1728. In-12. mar. rouge, fil. tr. dor.

Très joli exemplaire aux armes et au chiffre couronné du roi Louis XV ; au-dessus des armoiries royales le nom de Choisy-le-Roy, frappé en or. La légende veut que Choisy-le-Roi ait été le principal théâtre des joyeusetés de Louis XV. On y menait peutêtre une vie gaie, mais à en juger par cet échantillon, la bibliothèque de cette petite maison royale n'avait précisément rien de bien folâtre.

MARIE LECZINSKA, Reine de France

33. La Muse limonadière ou Recueil d'ouvrages en vers et en prose, par Madame Bourette, cy-devant Madame Curé, avec les différentes pièces qui lui ont été adressées. Paris, Jouy, i^bb. In-12, mar. rouge, fil. tr. dor., 2 vol.

Aux armes de Marie Leczinska et dédié à son père Stanislas Leczinski, alors duc de Lorraine et de Bar.

C'est une figure peu connue et cependant des plus originales de l'époque de Louis XV que celle de Mi^e Curé-Bourette, qui voulut, dit-elle, prouver à ses contemporains que le Parnasse n'est pas un chapitre d'Allemagne. Restée, jeune encore, veuve d'un petit bourgeois peu aisé, Curé, elle épousa sans grand amour un certain Bourette qui paraît avoir été assez naïf, mais chez qui elle trouvait réunis un fond d'affection et un fonds de commerce. Bourette tenait, rue de la Croixdes-Petits-Champs, un établissement de limonadier nommé le Caffé allemand, qui rivalisa bientôt avec le Caffé Procope, et le surpassa même grâce à la Muse limonadière qui vint orner son comptoir. Piron, Maupertuis, le vieux Fontenelle, Fréron, l'ambassadeur du grand Frédéric, Helvétius, Lemière, Marivaux, Vadé, Panard, l'abbé Prévôt et l'abbé de Latteignant devinrent les habitués du modeste établissement. Les gens de cour eux-mêmes y affluèrent :

MM. de Clérambault, de Viomesnil, de Bonneval, de Saulx-Tavannes, de Ximénes, y venaient causer avec les littérateurs et M™"= de Graffigny, l'auteur des Lettres d'wie Péruvienne, se glissa parfois aux côtés de la maîtresse de la maison, dans ce comptoir d'Hippocrène. Outre ces relations directes, M^^e Bourette entretenait un commerce épistolaire avec le roi Stanislas, le duc de Penthièvre, le duc de Gesvres, Voltaire, et M™2 Denis. Elle écrivait également à la reine Marie Leczinska, et à M™<= de Pompadour, cette reine de renfort, chargée à la cour de diriger le difficile département des gens d'esprit. Non seulement, elle écrivait, ce qui est à la portée de tout le monde avec un peu d'aplomb, mais on lui répondait par des lettres aimables, familières même, qu'elle s'empressait du reste de faire imprimer pêle-mêle avec ses propres productions. Cela fait de ses deux volumes une réjouissante Olla-podrida, où l'on peut pêcher au hasard de la fourchette, et avoir la chance de rencontrer quelque bon morceau. Hâtons-nous de dire que dans ces cas-là le morceau n'est généralement pas de M^^^ Bourette. Elle possédait en tout cas une supériorité sur toutes ses émules, anciennes ou modernes, c'était d'avoir la vanité facile et l'orgueil accommodant, car voici, page 60, ce qu'elle nous donne comme un éloge à elle adressé par Fontenelle : « M. de Fontenelle, en faisant visite à M™^ Curé, lui adressa les deux vers suivants :

si les Dames ont droit d'introduire des modes, En prose désormais on doit faire les odes. »

Le sage est celui qui se contente de peu : W^^ Curé était sage.

DAUPHIN, FILS DE Louis XV, et sa femme Marie- JosÈPHE de Saxe

34. Mémorial de Chronologie généalogique et historique pour servir de guide dans la lecture de l'histoire, tant ancienne que moderne. Dédié au Dauphin, par d'Estrées. Paris, Ballard, 1752. 2 vol. très petit in- 12, mar. vert, dos orné, dentelles, coins remplis, doublés de tabis rose, tr. dor.

Exemplaire de dédicace, sur papier de Hollande, dans une très riche reliure de Dubuisson, aux armes du Dauphin et de la Dauphine, père et mère de Louis XVI.

MESDAMES, filles de Louis XV

35. La Henriade travestie (par Fougeret de Montgeron). Berlin, aux dépens du public^ 1763. In- 12, mar. rouge, tr. dor.

Riche reliure de Dubuisson, aux armes de Mesdames.

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