‹ Cabinet d'un curieuxChapitre 18 sur 59 · CONTI · texte numérisé non relu

CONTI

36. Histoire de la conjuration de Catilina où l'on a inséré les Catilinaires de Cicéron. Paris, 1752. In- 12, mar. rouge, fil. tr. dor.

Aux armes de Louis-Philippe d'Orléans et de Louise-Henriette de Bourbon-Conti, père et mère de Philippe-Egalité. Provenance très rare.

DUC D'ORLÉANS (le même)

37. Traité de l'éducation corporelle des enfants en bas âge ou Réflexions pratiques sur les moyens de procurer une meilleure constitution aux citoyens par M. des Essartz, docteur en médecine. Paris, Hérissant, 1790. In- 12, mar. rouge dos et coins fleurdehsés, fil. tr. dor.

Exemplaire de dédicace aux armes du duc Louis- Philippe d'Orléans. Ce petit volume est précieux pour nous : Jean Charles, baron des Essartz, étant notre ancêtre maternel. Ce fut le dernier doyen de la faculté

de Paris et un des premiers membres de l'Institut. Il était grand ami de J.-J. Rousseau qui de Montmorency venait souvent le voir à Saint-Prix, et ce petit volume de l'éducation corporelle a été en quelque sorte l'œuf dont est sorti VEtnile de Rousseau. Le solitaire de TErmitage y a fait du reste de nombreux emprunts non déguisés.

Le duc d'Orléans à qui ce volume est dédié est celui qui, devenu veuf, épousa M^^^ de Montesson ; c'était un fervent sectateur de la philanthropie, genre de douce et calme vertu civique fort à la mode en ce temps-là. Ce fut en grande partie à ses efforts et à ses encouragements qu'on dut l'introduction de l'inoculation en France.

COMTE D'EU, FILS du duc du Maine

38. Traité de l'Amour de Dieu nécessaire dans le sacrement de pénitence. Ouvrage posthume par Messire J.-B. Bossuet. Paris, Barthélémy Alix, 1736. 2 part, en un volume in- 12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor.

Exemplaire aux armes du Comte d"Eu, avec la signature de ce Prince sur le feuillet de garde. L'écusson est entouré des emblèmes de Grand Maître de l'artillerie, charge que le Comte d'Eu avait héritée de son père.

Ce fut une triste destinée que celle du Comte d'Eu, ce prince du sang perpétuellement contesté. Il joua sur la scène de la vie le pénible rôle de celui qui est de trop.

En butte aux soupçons du Régent d'abord, de Louis XV ensuite, il fut haï de tous ceux qui portaient cet écusson fleurdelisé qu'avait accordé à son père, le Duc du Maine, le violent amour paternel du Roi Louis XIV.

La mince barre de gueules qui difî'érenciait les armes pleines de France, accordées aux descendants de M^^ de Montespan, pouvait s'eff"acer avec le temps. Un siècle avant, la maison de Bragance venait d'en être un exemple ; et toute la famille royale tenait en méfiance ce successeur possible.

Il avait un frère aîné, le Prince de Dombes : celui-ci, d'un caractère timide et d'un esprit ordinaire, ne demandait qu'à vivre effacé.

Le Comte d'Eu au contraire essaya d'être quelqu'un. Mais chacune de ses tentatives fut violemment réprimée.

A la mort de son père, il veut aller se retirer dans son comté d'Eu, y apporter quelques améliorations, tâcher d'y susciter quelque industrie.

Immédiatement, on agite dans le conseil du Roi la question de confisquer le comté d'Eu, trop proche des Anglais, avait dit auparavant le Duc de Saint-Simon. Il veut épouser M'^^ de Clermont, sœur du Duc de Bourbon : défense du Roi de donner suite à ce projet.

Il obtient la faveur de faire campagne ; charge à Dettingue au premier rang, confondu avec quelques hussards et dragons sans noms, qui cherchent à racheter parleurs vies l'ineptie des deux Ducs de Noailles et de Grammont.

Il a son cheval tué sous lui, et lui-même grièvement blessé est ramené sur une civière aux applaudissements de l'armée..., et reçoit comme récompense, lors de son retour à Versailles, la défense de reparaître désormais aux armées du Roi.

Il lui restait sa charge de Grand Maître de l'artil-

lerie. On ne pouvait la lui retirer : comme c'était une grande charge de la couronne, elle ne se pouvait perdre que par un procès de haute trahison. Le conseil du Roi y renonça, mais en créant de nouveaux corps d'artillerie qui furent déclarés indépendants du Grand Maître (notamment l'artillerie de siège) et en réduisant successivement l'ancien corps t^oyal, on s'arrangea pour lui ôter toute autorité.

Au bout de quelques années, le Grand Maître de l'artillerie en était réduit à n'avoir plus sous ses ordres directs, qu'un bataillon de pionniers et à sa nomination qiie quelques charges de capitaine-conducteur de l'artillerie, fonction aujourd'hui remplie par les troupes du train des équipages.

La dernière campagne du Comte d'Eu fut une grotesque parade donnée devant les murs de Compiègne par ordre de Louis XV pour l'éducation du Dauphin, son fils.

Le Comte d'Eu se consola par l'étude. Ses livres paraissent généralement sérieux et bien choisis. Ils portent tous sur le premier feuillet de garde la signature du Prince. Ils sont très rares, ayant été se perdre dans la bibliothèque du Duc de Penthièvre, cousin et héritier du Comte d'Eu.

Cette même bibliothèque s'est elle-même fondue dans celle de la Maison d'Orléans et dans beaucoup de dépôts publics.

Ce volume provient de la collection du Baron J. Pichon.

Page 1