LOUIS XVI
39. L'esprit de la Mothe le Vayer par M. de M. C. D. S. P. D. L. In-i2, maroq. rouge, fil. tr. dor. (Derome jeune).
Aux armes de Louis XVI. L'écusson royal est en mosaïque de maroquin bleu. Sur les gardes, note manuscrite du temps de la Révolution, déclarant que le volume a été pris (traduisez volé) dans le cabinet du roi.
MARIE-ANTOINETTE
40. Découvertes de M. Marat, Docteur en Médecine et Médecin des gardes du Corps de Monseigneur le Comte d'Artois, sur le feu, l'électricité et la lumière constatées par une suite d'expériences nouvelles qui viennent d'être vérifiées par MM. les Commissaires de l'Académie des Sciences. A Paris, de V imprimerie de Clusier, rue Saint- Jacques, 1779. In-8°, maroquin rouge, fil. tr. dor. (Derome).
Aux armes de Marie-Antoinette. EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR MARAT A MARIE- ANTOINETTE; nous n'avons pas besoin d'insister...
MARIE-ANTOINETTE
41 . Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1576. 2 vol. in- 12, veau marbré, fil.
Aux armes de Marie-Antoinette sur les plats, avec, sur le dos, le chiffre G. T. couronné, marque de la petite bibliothèque particulière de la Reine à Trianon.
Gette bibliothèque, très peu nombreuse et dont le catalogue dressé par les soins de la Convention a été publié par le bibliophile Jacob, se composait principalement de romans contemporains de la reine, tombés à juste titre dans l'oubli, et de pièces de théâtre, telles que Mustapha et Zéangir, tragédie de Chamfort, Zelmire de M. du Belloy, Cosroé's de M. Lefèvre, etc. Les livres intéressants y sont rares.
Mais, intéressants ou non, ils sont tous fort recherchés et fort rares, car la Gonvention les attribua aux bibliothèques publiques de Seine-et-Oise où ils ont pourri tranquillement.
Les quelques libérés qu'on rencontre sont assurés du meilleur accueil chez les bibliophiles.
Quant aux deux petits volumes qui nous occupent ici, tout le monde comprendra l'intérêt de curiosité touchante qui s'attache au Ma7ion Lescaut de Marie- Antoinette ; ces deux noms qui, pour des causes si diverses, ont fait verser tant de larmes.
Ges deux volumes proviennent de la bibliothèque de M°ie de Genlis, dont ils portent la signature.
MARIE-ANTOINETTE
42. La seule véritable religion démontrée CONTRE LES Athées, Ics Déistcs, et tous les sectaires par l'abbé Hespelle, curé de Dunkerque. Paris, Hérissant, 1774- 2 vol. in- 12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor.
Aux armes de Marie-Antoinette. Cet exemplaire, qui a successivement appartenu au marquis de Ganay et à M. Quentin-Bauchart, offre cette particularité qu'il fut relié au moment même où Marie-Antoinette montait sur le trône. Le fer de ses armes, comme Reine, n'était probablement pas encore gravé, et le relieur a composé le double écusson royal, du moins Técu d'Autriche, à grand'peine , au moyen de petits fers d'armoiries séparés. Du reste, dans l'ouvrage même, la préface, qui était probablement adressée à la Dauphine, a été cartonnée, et remplacée par une autre adressée à la Reine; les premières lignes indiquent du reste suffisamment la cause de ce changement : « Madame, votre douleur est juste, les Français la partagent : vous perdez un père : la France pleure un roi ! » Le livre a donc paru au moment même de la mort de Louis XV.
MARIE-ANTOINETTE
43. Traittez sur la prière publique et sur les dispositions pour offrir les SS. Mystères et y participer avec fruit. Paris, Jacques Estienne, 1707. In-i2, maroquin rouge janséniste doublé de mar. rouge, dentelles, tr. dor.
Bel exemplaire aux armes de Marie-Antoinette.
MARIE-ANTOINETTE
44. Séance publique de la faculté de Médecine de Paris tenue le 9 décembre 1779. Paris, de l'imprimerie de Qiiillaii, 1780. In-4°, maroquin rouge, dos et coins fleurdelisés, fil. tr. dor.
Aux armes de Marie-Antoinette : contient un rapport sur les Enfants trouvés auxquels s'intéressait la Reine, et divers mémoires du baron des Essartz, notre trisaïeul.
Après rénumération de ces cinq ouvrages, ayant appartenu à Marie-Antoinette, de toute authenticité, et dont on retrouve les traces depuis longtemps, qu'il nous soit permis dédire que les vrais Ma7'ie-Antoinette sont extrêmement rares et extrêmement chers, ce qui a vivement tenté les faussaires ; un livre quelconque de cette époque, sans aucun intérêt, qui vaudrait peut-être dix francs, et encore ! s'il a l'écusson de la Reine atteint mille francs, et plus ; or, un fer d'armoiries n'est pas difficile à graver; et voilà pourquoi on voit apparaître depuis quelques mois quantité de faux Marîe-A?itoi)iette auxquels le véritable amateur ne se laisse pas prendre, mais qui trompent aisément les débutants en bibliophilie.
Ce genre de faux avait été précédemment essayé pour des livres de provenance moins rare, ceux de la Comtesse d'Artois : pour les Marie- Antoinette^ le faussaire a mis encore une certaine discrétion, mais pour les Comtesse d'Artois^ il a vraiment dépassé la mesure, Paris et jusqu'à Bruxelles en sont inondés ; aussi personne n'en veut-il plus, même pas des vrais.
MADAME ELISABETH, sœur de Louis XVI
45. L'avènement de Titus a l'empire. Ballet allégorique au sujet du couronnement du roi par M. Gardel, premier danseur en survivance. Musier, l'j']^. In-8°, mar. vert., tr. dor.
Aux armes de M^^^ Elisabeth, provenance rare. Cet ouvrage du premier danseur en survivance
pourrait s'intituler, sinon une chanson, du moins une œuvre de gestes. Ce n'est qu'un programme de ballet où le personnage de Titus se confond avec celui de Louis XVI. Voici la fin de cq faible ouvrage, comme l'appelle avec une orgueilleuse humilité son très naïf auteur, probablement plus léger de corps que d'esprit : « Tandis que l'Hymen et l'Amour s'occupent du mariage , les Arts travaillent aux médaillons de l'Empereur et de l'Impératrice ; ils y gravent ces mots remarquables de Titus et de Louis XVI : Je n'ai fait aucun bien, j'ai perdu ma journée ; mon désir le plus grand est de rendre mon peuple heureux. »
Le désir ne fut pas réciproque. Quant à Gardel, sa carrière fut longue et heureuse ; après avoir représenté Louis XVI sous les traits de Titus, il accommoda successivement aux mêmes lauriers-sauces la Convention, Napoléon, Louis XVIII, Charles X et même Louis- Philippe. Achille personnifia Napoléon, Ulysse (à cause du retour du lys) Louis XVIII, Télémaque le duc de Berry, etc. Il y a même de la fin de ses jours un Adonis personnifiant un grand ministre. Serait-ce M. Thiers? La mort seule put arrêter le trop fécond Danseur en survivance, qui, fidèle à son titre, survécut jusqu'en 1840.
COMTE DE PROVENCE (Louis XVIII)
46. Essai historique critique sur l'origine de la puissance temporelle des Papes, ouvrage qui a remporté le prix de l'Académie Royale de Prusse, par M. Sabbathicr. A la Haye et se tî^oiipe à
Châlo7is-sur-Marne. In- 12 mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor.
Exemplaire de présentation aux armes du Comte de Provence. Ce livre, qui convenait bien à Louis XVIII première manière, est, sous une forme calme et savante, un éreintement du pouvoir temporel des Papes ; très propre à être couronné par l'Académie protestante du Grand Frédéric, mais peu convenable pour la bibliothèque du futur fils aîné de l'Eglise.
COMTE D'ARTOIS (Charles X)
47. Mémoires sur la Bastille et sur la détention de M. Linguel. Loîîdres, 1783. In-i8maroq. rouge, fil., tr. dor.
Aux armes du comte d'Artois.
DUC DE PENTHIEVRE, grand amiral de France, fils du Comte de Toulouse
48. Les ruses du braconnage mises à découvert... par L. Labruyerre, garde de son Alt. Sér. M. le Comte de Clermont. PajHs, che^ Lottin, 1771. In- 12, mar. rouge dos et coins fleurdelisés, fil., tr. dor.
Aux armes du duc de Penthièvre. Livre très inté-
ressant et qui a été réimprimé de nos jours par les soins du baron Pichon. Labruyerre, braconnier incorrigible, fut arrêté par les gardes du prince de Condé et jeté à Bicètre : son affaire était assez mauvaise, à une époque où l'on pendait volontiers ; le Comte de Clermont, cadet de la maison de Condé, eut l'idée ingénieuse de sauver Labruyerre et d'en faire le chef de ses gardes : ce fut un garde modèle ; la terreur des braconniers. On y reviendra, au système de recruter la sûreté parmi les cf'ijiiinels repentants.