‹ Cabotins! Comédie en quatre actesChapitre 113 sur 151 · ACTE TROISIÈME l'I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME l'I

SAINT-MARIN

Rien.

MADAME DE LAVERSÉE.

Comment! Après ce qui s'est passé liier, le hasard nous met en présence et vous vous dérobez ainsi, sans un mot?

SAINT- MARIN

Hier, vous avez dit le mot de la fin.

MADAME DE LAVERSÉE.

Sans une excuse?

Je ne vous en demande pas.

MADAME DE LAVERSEE.

Sans un regret?

SAINT-MARIN

Vous avez tout i'ait pour me les épargner.

MADAME DK LAVERSÉE.

Oui, je comprends. La justification est trop difficile. On cache son embarras sous sa dignité, et l'on se tait!... Mais, si le silence est une défense, c'est aussi un aveu.

Oh! madame, il en sera ce que vous voudrez. Ce qui est passé est passé, n'y revenons plus. Hier, dans l'égarement de votre colère, vous avez cru voir ce qui n'était pas, vous avez dit ce qu'on ne dit pas. Tout est fini entre nous. Vous n'avez pas d'explications à me demander, je n'en ai pas à vous donner.

11 fait un pas pour sortir.

MADAME DE LA VERSÉE, VaiTët„nt,

Lionel! Vous ne sortirez pas! vous ne me quitterez pas ainsi, sous le prétexte... car ce n'est qu'un prétexte... Mais défendez-vous donc!... Parlez!... Dites quelque chose! Ah ! oui! il y a votre dignité!... Eh bien, voyons, la colère m'a emportée, j'ai eu tort! je le regrette! Est-ce assez? Comment! vous êtes otTensé de ce que j'ai dit, et vous ne voulez pas que je le sois de ce que j"ai vu? Car j'ai vu! vu! vu!

Quoi? que je plaisantais avec cette jeune fille, que je lui faisais une de ces déclarations pour rire, comme tout le monde lui en fait; c'est le jeu de la maison, cela, vous le savez bien, et il a fallu le grossissement de votre jalousie pour y voir autre chose.

MADAME DE LAVERSÉE.

Alors, voilà ce que vous avez trouvé? Et pourquoi ne pas le dire hier?

SAINT-M AlîlN.

Hier, vous ne m'auriez pas cru.

MADAME DE LAVERSÉE.

Ah! si vous pensez que je vous crois aujourd'liui !

SAINT-MARIN

Je le regrette. Oh! pas pour moi, pour cette pauvre fille, victime très innocente de mon étourderie et que vous en punissez cruellement et injustement.

MADAME DE LAVERSÉE.

El VOUS la défendez encore! Vous osez!

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