ACTE TROISIÈME
VALENTINE
Chez vous? Mais quai-je donc fail?
MADAME DE LAVERSÉE, sa voix'se brise.
Tu as fait de mon salon un lieu de rendez-vous ! Tu m'as tout pris, tout volé! Ma place dans ma maison, les hommages qui m'étaient dus, tout! jusqu'à l'affection qui m'était chère. Tu as brisé ma vie! (so redressant.) Oui, mais à mon tour, à présent! Je ne veux plus te voir dans mon chemin! Je veux qu'on te chasse de partout comme je t" i chassée de chez moi ! Et d'abord, je veux rompre ton intrigue !
VALENTINE
Mon intrigue ?
MADAME DE LAVERSÉE.
Ah ! si tu crois que je ne lis pas dans ton jeu ! Je le connais, va, ton dernier espoir! En entrant ici, tu comptais bien te faire épouser par Pierre, parce qu'il est naïf et que tu es habile!
VALENTINE
Moi!
MADAME DE LAVERSÉE.
Oui, toi, que j'ai vue hier dans les bras de Lionel! Toi, sa maîtresse!
VALENTINE, indignée.
Sa maît...! (Réfiéchifsant.) Non, ce n'est pas possible! pour autoriser de pareils soupçons, il y a quelque chose que je ne sais pas, quelque chose sur moi, dans mon passé, dani... Ah! dans ma naissance, peut-être? Mais quoi? Je veux le savoir! je le veux! De quelle faute me croyez-vous donc
couiiabic pour penser de moi ce que vous pensez et qu'est-ce que je suis enfin pour que vous me disiez ce que vous me dites ?
MADAME DE LAVERSÉE.
Ce que tu es? Tu veux le savoir? C'est ton droit... Tant pis pour ton orgueil!... Tu es Louisc-Valentine, tout court, la fille d'une maîtresse de piano, la femme d'un peintre inconnu, dun certain Georges Haymond, qu'elle avait quille pour en suivre un autre, et qui est morte huit mois après, le jour même de ta naissance, sans avoir osé te donner le nom de l'un, ni pu le donner le nom de l'autre! Voilà ce que tu es!
VALENT IN E, à vuix basse, plainlivement.
Ma mère !
Al A l) A M E D E L A V IC II S É E .
Kt quant à la faute qui auloiisr de pareils soupçons, le rappelles-tu ce Méximieux cloiil tu èlais affolée à ce point que, lorsqu'il est jiarti, lu as failli mourir?
VALENTIiNE.
MADAME DE I.AVKIISEE.
Oh ! n'essaie [las de te défendre ! Je ne t'ai jamais dit ce que je savais. Eh bien, je savais loiii ! Vous vous aimiez, je le savais! Vous vous écriviez, je le savais! Vous vous donniez des rendez-vous, je le savais... Tout ! Comprends-tu, enfin ?
VALENTINK.
Aou :