MADAME CARDE VKNT, VALENTINE
VALENTINE
Je VOUS apporte vos livres, madame.
Elle lui montre deux petits registres.
MADAME CARDEVENT.
Merci, mon enfant. (La reganimt.) Eh! mais, comme vous voilà belle!
VALENTINE, un peu embarrassée.
C'est que... c'est pour la fête...
MADAME CARDEVENT, à part.
Ou pour le saint.
VALENTINE, lui reiiKtlant les deux registres.
Voici d'abord le livre du métayer, et puis celui de la maison. J'ai tout vérifR', c'est exact.
MADAME CARDEVE.NT, les prenant.
A la bonne heure ! Je m'y retrouve mieux que dans mes pattes de mouche. Vous êtes une vraie petite ménagôre.
VALENTINE, joyeusn
Vous êtes contente de moi, alors?
192 CABOTIXS!
MADAME CARDEVENT.
Je serais bien difficile. Eh bien, voyons, mainlcnanl, vous allez voir la fètc, j'cspc're.
VALENTINE
Pour rencontrer les Laversée et leurs amis, car ils y seront tous. Non!... Je ne veux plus les voir.
MADAME CARDEVENT.
Il faut pourtant vous distraire, vous menez une vie de religieuse ici, ça doit vous ennuyer à la fin.
VALENTINE
Muil Je n"ai jamais été plus heureuse. Et comme je vous en suis reconnaissante! car c'est à vous que je le dois... à vous et à un autre.
MADAME CARDEVENT.
A M. Gi'igneux, vous voulez dire? Ah! dame, vous aAcz raison de Taimer, car il vous aime bien, lui. Et le plus extraordinaire, c'est que ça l'a pris tout d'un coup. Rien qu'en apprenant votre... enfin le nom de vus parents, il est devenu tout ieu, tout flamme. Vous souvenez-vous?
VALENTINE, comme à elle-même.
Oh! oui, je me souviens.
MADAME CARDEVENT.
Faut croire qu'il les aimait bien aussi... Et ça n'a l'ait que croître et embellir. 11 vous écrit toutes les semaines. Et ce petit portrait qui vous ressemble tant et qu'il vous a envoyé il y a huit jours, car ce ne peut être que lui!... Et son prétendu voyage en Italie?... Au mois d'août! Lui qui ne bouge jamais de Paris, Il a jiassé deux fois ici, censément