ACTE PREMIER
PÉGOMAS.
C'est, du moins, l'opinion de la majorité des Français, ns compter celle de la << Tomate ».
GRIGNEUX
Pas celle de Pierre, toujours.
PKGOMAS.
Aussi, jusqu'à présent...
GUIGNEUX.
Mais il a l'avenir.
PÉGOMAS.
Ah! la postérité maintenant! Je l'attendais, (s'animani de plus en plus.) La postérité ! Comment? Je crève de toutes les faims légitimes et féroces de la vingtième année, je sue le sang et l'eau sur le chemin banal qui me mène à les satisfaire, et quand je veux prendre une traverse qui le raccourcit, vous me criez : « Pas par là! toujours tout droit! Continuez, bel Arsène, après votre mort, vous aurez diablement de plaisir. » Allons donc! C'est tout de suite que j'en veux avoir! Et c'est à mon métier de m'en fournir le moyen. Et c'est bien pour cela qu'en débarquant du Caligou où j'étais pion, dès en arrivant à Paris, le ventre creux, la bourse plate, je me suis jeté dans le journalisme qui est l'instantané par excellence qui, d'un coup de plume vous donne une puissance et le pain quotidien, ofi les plus infimes peuvent rendre aux plus forts les plus grands services et réciproquement, comme on dit à l'École polytechnique... Aussi, dès qu'on m'aura rendu celui que j'attends et Saitit- Marin va me l'apprendre pas plus tard que tout à l'heure... (a lui-même.) Il ne vicut toujours pas, ce coquin ! (Haut.) Ah! vous verrez bien si je ne lâche pas mon sacerdoce pour passer à d'autres exercices... Un métier n'est pas un but !
Non, c'est l'art qui n'a pas d'autre but que l'art !
TOUS, riant.
Pas d'autre but ! Ah ! le vieux verniseceltout !
CARACEL,
Eh bien, et le ruban rouge?