ACTE PREMIER
quoi? Tu n'as plus d'argent!... Je suis sûre que tu n'as plus d'argent.
PIERRE, tirant les trois mille cinq cents francs de sa poche et les jetant sur les genoux de sa mère.
Je n'ai plus d'argent? Tiens! Est-ce de l'argent, ça?... En ai -je assez, de l'argent?... Tiens! de l'argent! Tiens! tiens!
MADAME CARDEVENT.
Ah! bonne mère!... Tu as gagné tout ça! Alors, tu es content? Ca va comme tu veux?
Dame, tu vois
MADAME CARDEVENT.
Ah! me voilà plus tranquille... Eh! mais, au fait, et les récompenses? C'est aujourd'hui!... Ah! c'est donc ça qui te tourmente?... Auras-tu un prix, cette année? Ça me semble toujours si drùle qu'on te donne des prix à ton âge. Je ne comprends pas, suis- je bête?
Tu es le bon sens, tu es la bonté... tu es tout ce qui est bon.
MADAME CARDEVENT.
Enfin, si ça te sert à quelque chose, n'est-ce pas ? Crois-tu que tu en auras un ?
On me l'a dit, mais on dit toujours ça... Nous allons le savoir dans un instant, du reste.
MADAME CARDEVENT.
Oh ! Et puis, tu sais, si tu n'en as pas, ça ne t'empê-
')* CAP.OTIXS!
chera pas- de gagner la vie, à ce que je vois. (ucgarJam vmgent.) Que d'argent ! Tu as donc vendu toutes tes statues ':
PIERRE
Oui, toutes!
MADAME CARDEVENT.
C'est vrai, je n'en vois plus! (apercevant lo buste cmiwil.) Ah
si, tiens! Qu'est-ce que c'est que ça?
Oh! rien!...
MADAME CAl.DEVENT, soulovanl le voile, à Pierre.
<^ii peut voir?
PIERRE, vivement.
Non!
M \ I) A M E C A II I) E V E N T , se reculant étonnée.
Ah!
PIERRE, arrarhint le vciile du buste.
Eh! si!... Pourquoi pas?
U le découvre. — Madame Cardevent le regarde. — Silence.
Elle est jolie, cetic... personne.
PI iîRRE.
.le iTprends fiicore un [mmi do coiidniinal, inoi !
MADAME CARDEVENT.
C'e>t une jeune demoiselle?
Oui.