‹ Cabotins! Comédie en quatre actesChapitre 63 sur 151 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

PIERRE, GRIGNEUX, entrant au moment oU Valenllne son, la suit du regard, et regarde Pierre.

PIERRE, avec une légèreté forcée.

Ah! c'est vous! Eh bien! vous pouvez vous rassurer, mon vieux Grigoeux! C'est fini!

GRIGNEIX.

Quoi?

PIERRE

Mon roman, donc, comme vous l'appeliez.

GRIGNEUX, incrédule.

Fini?

PIERRE

Oui, mademoiselle Valentine m'a déclaré qu'elle ne voulait plus me voir, qu'il fallait l'oublier... parce que... enfin... Je ne sais pas bien pourquoi, mais ce que je sais bien, c'est qu'elle ne veut plus me voir. Ah! il n'a pas été long, mon roman, hein? Ah! ah! dites donc, vous qui aviez si peur du dénouement. Le voilà, le dénouement; vous êtes content, j'espère! Voulez-vous que je vous dise?... moi aussi!

GRIGNEUX

Comme vous l'aimez!

Alors, c'est ça qu'on appelle aimer? Eh bien, c'est gai. Comment! depuis dix jours je l'attends comme le bon Dieu! Ce soir, je quitte ma mère pour la voir, je viens ici, chez des gens qui m'assomment, dans un salon, dans le monde ! Moi ! Cardevent ! Avec un habit qui me gêne, une cravate qui m'étrangle et de la pommade qui m'empeste! Oui, de la pommade, j'ai mis de la pommade, parole d'honneur ! (Riant.) Ah! ah! ah! et tout ça pour l'entendre me dire qu'il faut l'oublier et que c'est fini! Mais c'est slupide! mais je n'ai jamais été béte comme ça, moi! ah! c'est fini! Eh bien I tant mieux ! Merci ! J'en ai assez !

GRIGNEUX

Vous êtes bien pris, mon pauvre Pierre!

PIERRE

Je me déprendrai donc! il ne faut que vouloir!

GRIGNEUX

Oui, mais il faut vouloir vouloir...

PIERRE

N'ayez pas peur, vous verrez!

GRIGNEUX

C'est parce que j'ai vu que j'ai peur!

Allons donc! Il n'y a pas d'amour qu'on ne tue à coup de volonté.

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