ACTE DEUXIEME
TOUS
Ali ! quel malheur!...
COQUELIN, continuant, seul:
... d'être sculpteur!
C'est un chien de métier, pas d'erreur.
Pour être esculpteur, faut êl' braque.
Plus qu'on travaille, moins qu'on a l'sac : Avec eP marbre, eP praticien, El' modèle ! non ! y a pas moyen !
TOUS, doulourouRonient.
Ah ! quel malheur !
COQUE LIN
Des statu's, Pbourgeois n'en veut pas Rappor' à son plafond qu'est bas ; Faudrait leu casser mains et pieds Pour y vend' ça comm' press' papier.
TOUS, avec mépris.
Ah ! quel malheur !
COQUELIN
Y a ben les command' ed' l'État, Mais ça n'donne pas pour eP tabac Et puis faut trop fair' son lézard Dans el ministère des Bazars.
TOUS, avec lassiliulo.
Ah ! quel malheur 1
COQUELIN
Les peintr' y sont ben pus heureux, Y gagn' ed' l'argent gros comme eux, .Mais l'esculpteur, el' vrai artisse.
Lui, y n'gagne que des rliumalissi's.
TOUS, plainlivcmeni.
Ah ! quel malheur !
COQUELIN
Ces messieurs peinlr' y sont très cliics, L'jour y port' des pal'tots mastic, El' soir, ils arbor' el' gibus Et vont dans l'nionde en omnibus.
TOUS, ironiquemenl.
Ah ! quel malheur !
COQUELIN
Tout's les femm' is y cour' après Four y fair' tirer leu portrait l'arc'qui z'y maquill' leurs appas, Mais d'esculpteur, y n'en faut pas!
TOUS, avec une coIItg mêlée de regrets. Ah ! quel malheur!
COQUELIN
L'esculpteur, on l'enfouit sous l'tertrc, A Montpernasse ou à Montmertre, Emboîté dans l'sapin blanchi, C'est toujours assez bon pour lui.
TOUS, lupnbreiiwnt.
Ah ! quel malheur!