LE BARON, VERNER
LE baron, a part.
Dé» idémeut, Verne* serait-il amoureux de ma nièce? et ma nièce elle-même
VERNER
Pardonnez, monsieur le baron, si je me suis fait attendre \ mais au moment de m'ôloigner de Berlin , j'ai voulu faire mes adieux à toute ma famille.
LE BARON
A toute votre famille, mon cher Verner! c'est fort bien; mais je vois à votre tristesse qu uu intérêt peut-'tre p us vif vois retient à Berlin... Pourquoi ne pas me l'avouer? A'ai-je point pour vous la tendresse d'un père ? et ne sais-je pas d'ailleurs compaiif aux faiblesses du cœur?
Air : Connaissez mieux le grand Eugène.
Il est un temps où la jeunesse Doit payer tribut aux Amours, Et, par malheur, dans la vieillesse On ne s'en souvient pas toujours.
Pour moi je suis plus raisonnable, Et, sans faire outrage aux vertus, Je trouve toujours pardonnable L'erreur que je ne commets plus.
VERNER
Je connais votre générosité, et pour répondre aux bontés dont vous m'avez comblé, je vous avouerai qu'un amour qui fit jusqu'à ce jour mon bonheur, me réduit, en ce moment, au déses, oir... ijepuis long-temps j'aime une jeune veuve.
LE BARON
Une veuve î (si par!,) Voudrait-il me donner le change|? Eh! Lien, mon ami, votre naîtresse vous serait-elle inlidèle? VERNER.
Je le crains.
LE BARON
Vous tn'étonuez, Verj er; les veuve sort fidèles ordinairement-, l'expérieuce les rend sages.
VERNER
Ali ! monsieur , je ne suis ({ne trop sûr de mon malheur.
LE BARON.' Il ne faut pas croire trop légèrement aux apparences.... Mais ei fin, si votre veuve vous a trabi, ce qu. du reste n'est pas impossible, nj vous désespérez pas pour cela I Songez à votre nom , à vos espérances -, une carrière b ill nte vous attend , et la gloire vous dédommagera quelque jour...
VZRIvER.
Ah! monsieur.
Air : C'est bien ici l'instant de la connaître.
,1'aime la gloire avec transport' ÏHàis par l'amour la gloire est embellie ;
Et. pour mieux illustrer mon sort, J'avais compté sur une tendre amie.
M tis, ô revers inattendu !