SCÈNE PREMIÈRE
SAINT-PREUIL, DE BRUGH, LONNELAS, dn Agent nu Lieutenant civil, Bourgeois, Hommes du peuple, Garçons DU CABARET.
Au lever du rideau, les tablés sont oceupées par dos bourgeois et de* hommes du peuple qui boivent.' A l'avant-scèno, h gauche, sont at* tablés Sainl-Prenil et de Brogh, en habit de drap, sans galons, l’épée au cdté La table du premier |dan, U droite, est occupée par Lonnela s et un agent du Lieutenant civil, costumés en bourgeois, sans épée. Le* garçons dn cabaret vont et viennent.
LES BUVEURS, criant et frappaul les tables do leurs gobelets.
A boire T à boire ! Eh ! sommelier I
Des garçons viennent renouveler tes brocs.
SAINT-PREUIL, bas à de Brugh.
Oui, baron, j’attends celle nuit ou la nuit prochaine l'émissaire que doit nous envoyer, monseigneur Gaslon d’Orléans, avec le traité d’alliance qu’il a signé, et que nous de vons tous signer après lui.
DE URtIGH.
Mais ne craignez-vous pas que le cardinal ?...
SAINT-PREUIL
Richelieu est fin, mais nous ne sommes pas maladroits. Ce traité est apporté à Paris, par une femme du peuple qui arrive d’Allemagne en passant par Sedan, et qui a dû prendre les dépêches des mains de monsieur le duc de Bouillon.
LONNELAS, bas b son compagnon.
Attention I on a parlé de Morfseigneur le Cardinal I
DE BRUGH, b Saint-Prenit.
Plus bas! ces gens ont mine de’nous épier.
LONNELAS, vojanl qu'il est observé.
Buvons, buvons 1
DE BRUGH, baissant la voit.
Espérez-vous gagner le comte d’Harcourt à notre cause ?
SAINT-PREUIL
Je n’ai pas encore osé m’ouvrir à lui. La vie qu’il mène dans ce cabaret où il nous faut venir pour le trouver, donnerait même une triste idée de ce prince de la maison de Lorraine, si l’on ne connaissait les qualités réelles qui le distinguent. Pour le moment, il lait sa compagnie d’une troupe d’ivrognes et de fainéants qui le traitent comme un égal, et qui font surnommé Cadet la Perte, à cause d’une grosse perle d’Orient qu’il porte toujours al’oreille gauche.
| DE BRUGH.
1 Malgré sesvices ou ses travers, la conquête de monsieur d’Harcourt serait précieuse, car il ne faut pas oublier que c’est un homme de guerre qui a fait ses preuves. Ainsi, vous êtes sûr qu’il viendra ce soir ?
SAINT-PREUIL
Vous allez le voir paraître, avec le poète Saint-Amant, Faret, Marigny, Maricourt, et toute la sequelle des G)inlres, comme ils sp qualifient eux-mêmes...
DE BRUGH, riant.
Les Goinfres !...
SAINT-PREUIL
Oui; on nomme aussi ces sacripants la compagnie du Monosyllabe, parce que l’un a le sobriquet de Rond, l’autre de Vieux, et ainsi de suite, autant que cela peut s’étendre. Vous verrez! ah! ce sont de curieuses connaissances à faire.