LA DUCHESSE, HILDA
LA DUCHESSE. \ -
Approchez, mademoiselle, et veuillez vous asseoir.
HILDA
Je puis répondre debout, madame.
LA DUCIIESSB.
Comipent vous nommez-vous?
HILDA
Je vous le dirai quand je saurai qui j’ai l’honneur de saluer.
LA DUCHESSE
De la fierté !... Je suis la duchesse de Puylaurens, nièce du premier ministre du roi.
HILDA
El moi je me nomme Hilda Drenner. Je suis une pauvre fille du bourg d'OEltingen, en Souahe. Mon père était bourgmestre de notre pays; il est mort île chagrin. Quant à moi, on m’a arrêtée sans droit et sans justice; s’il faut aller rejoindre mon père là-haut, je suis prête.
LA DUCHESSE, émue.
Mais, mon enfant, personne ici ne veut vous faire de mal. Rassurez-vous. Vous venez à Paris pour chercher quelqu’un qui vous est cher?
HILDA
Oui, madame!
LA DUCHESSE
Eli bien, mignonne, c’est moi qui vous ferai retrouver celte poison ne.
HILDA, étonnée.
Vous, madame?
Cela vous étonne?
Je l’avoue.
Pourquoi?
LA DUCHESSE
HILDA
LA DUCHESSE
HILDA, froidement.
C’est en vous voyant là-bas, auprès de celui que vous ne nommez pas, qucj avais pris la résolution de quitter pour toujours ce pays.
LA DUCHESSE
De la jalousie? Et contre moi ?
HILDA
Je ne sais si cela se nomme de la jalousie, mais une douleur aiguë m’a serré le cœur, et ma raison a été saisie de vertige I
LA DUCHESSE
Pauvre petite I vous êtes folle! Je connais à peine M. le. comte d’Harcourt, et si je vous délivre de la prison, ce n’est que pour vous réunir à lui.
HILDA, avoc élan.
Dites-vous vrai ?
Je vous le jure !
Ah! madame!
LA DUCHESSE
HLLDA, s’inclinant.
LA DUCHESSE
Prenez place près de moi et causons comme deux bonnes amies.
HILDA, s’asseyant.
De grand çœur.
LA DUCHESSE
Et c’est dans votre fuite que les agents du cardinal se sont emparés de vous?
HILDA
Oui, madame !
LA DUCHESSE
Et... lui, sait-il que vous êtes à Paris?
HILDA
On lui avait dit que j’étais morte.