‹ Cadet la perle drame en cinq actes en huit tableauxChapitre 56 sur 97 · HARCOURT, HILDA · texte numérisé non relu

HARCOURT, HILDA

HILDA

Ainsi, monsieur le comte d’Harcourt vient du Louvre?

HARCOURT, ôtant son manteau.

Oui, chère enfant^ et je t’assure qu’il avait grand’ hâte de se retrouver seul auprès de son Hilda.

HILDA

Dites-vous vrai? (Le contemplant.) Quelle magnificence 1 J ose a peine vous loucher; que d’or t que de broderies! voilà donc cette épée terrible qui va réduire les ennemis du roi! (Essayant de la soulever.) Oh! comme elle est pesante! mon Henri, que lu es bout Parfois il me semble que je révc; et je m; crois pas qu’il soit possibles une pauvre fille comme moi d’occuper tout entier le cœur d’un prince, d’un homme illustre lel que loil (Avec un soupir.) Hélas! tu vas partir! (Chaog.ant de ton et avec une curiosité eufantiue.) I)C quoi le roi

l’a ni parlé ?

HARCOURT

Le roi m’a parlé de chasse, mais le cardinal m’a parlé de guerre, et j’emporle ses iiislruciioos.

1IILDA.

J’espérais encore un retard .. Tiens, vuis-lu, comine d’autres sont nés pour le bonheur, moi je suis née pour souffrir.

HARCOURT

Que dis-tu là, chère bien aimée?

HILDA

Une étoile funeste a lui sur mon berceau.

HARCOURT

Tais-toi I

Une voix profonde et Iristc me dit là que je mourrai jeune et malheureuse... comme ma mère!

HARCOURT

Chasse ces lugubres pensées et promets-moi de n y plus revenir. Dieu ne nous a pas réunis après tant d obstacles pour nous séparer encore. Laisse faire au temps, et quelque jour, en dépit de tous, tu seras ma femme.

I1ILDA.

Puissanée du ciel! Esb-ce bien un prince de Lorraine qui me parle? le héros dont l’Allemagne garde encore le souvenir, le comte d’Harcourt enfin?

HARCOURT

Non, cet Harcourt que tu dépeins est triste et solennel; il est contraint, pour plaire à ses maitres, de prendre tous les masques ; il n’a d’autre pensée que d être loue pour^ les deuils et les désastres qu’il répand ; il porte avec lui tous les fléaux de la guerre, la terreur, le meurtre, le pillage et l'incendie. Celui que tu vois à tes côtés est souriant comme le ciel et ne fait fuir personne J U n’a d autre ambition que celle de t’aimer et de te plaire; il marche libre de soucis et d’entraves; son cœur s’illumine d’un éclair de tes yeux, sa chaîne est formée de tes deux bras joints autour de son cou.

• IIILDA.

Oui, c’est bien là mon Harcourt, celui que j’aime parce qu’il est bon et humain I Sois béni pour ces douces et consolantes paroles! mais permets-moi, a mon tour, de t adresser une prière. Au milieu du combat ne t’expose pas inutilement au danger, comme tu l’as fait cent lois.

HARCOURT, sondant.

Je te le promets.

IIILDA.

Jure-lc !

HARCOURT

Je te le jure. Et maintenant, essuie les beaux yeux ! qu on ne voie pas que lu as pleuré.

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