ADET
Oh ! la pauvre maison Auprès des trois que mon cerveau, moi, me suggère : Une première à la toilure si légère. Qu'on s'y croirait par tous les temps à- ciel ouvert : .l'aurais celte maison pour habiter l'hiver.
LA MÈRE ROUSSEL
(Vesl tout lui!
CADET
La seconde, aux vents chauds exposée, Ne serait pour ainsi dire qu^une croisée; Du soleil on n'y pourrait pas être abrité : Bien entendu, c'est là que je vivrais Tété. La troisième...
LA MÈRE ROUSSEL
Il est fou!
CADET
... Rien qu'en pierre de taille Avec des arcs-botilants en ligne de bataille Serait très haute avec des toils jamais finis; Si bien que l'on verrait pour construire leurs nids, Chez le pauvre Cadet qu'on sait amoureux d'elles. Se rassembler le soir toutes les hirondelles.
MARIETTE
Que lui conte-t-il là?
LE PÈRE ROUSSEL
Quel drôle de garçon !
LA MAILLARD
On le maltraite : il se rebilTc à sa façon.
LA MÈRE ROUSSEL
Je devrais, en voyant ta mauvaise conduite, Cesser pour toi d'être une mère...
Oh ! tout de suite !
lA MÈRE ROUSSEL
Non pas: Je veux qu'en tout tu sois aussi parfait Que ton frère.
CADET
Ça ! c'est impossible.
LA MÈRE ROUSSEL
En effei:
Mais tu pourrais au moins lui ressembler...
CADET
J'en tremble.
Se peut-il qu'un cadet à son aîné ressemble? Non, il est plus que moi dans l'ordre universel: Il est Roussel-aîné, je suis Cadet-Roussel.
LA MAILLARD
Aîné, cadet, vos droits sont aujourd'hui les mêmes.
CADET, à sa mère.
Tu devrais donc m'aimer aussi, puisque tu l'aimes
LA MÈRE ROUSSEL '
Ingrat ! Ingrat !
LE PÈRE ROUSSEL
On t'aime autant qu'un fils aîné.
C'est à ma mère et non pas à toi que j'en ai; Car il est d'autres biens que ceux d'un héritage Que mon frère a...
LA MÈRE ROUSSEL
Tu n'en diras pas davantage.
CADET
Et moi que je n'ai pas: c'est de quoi je t'en veux.
LA MÈRE ROUSSEL
Tais-toi.