ACTE TROISIÈME lo
CADET, très tourmenté.
Je ne sais plus.
DEIvVAPORI^E
Vous vous moquez. Quoi vous me fîtes Venir exprès, et puis vous ne dites plus rien! Vous êtes trop discret.
CADET, même jeu.
Il n y a pas moyen.
DELVAPORINE
Vous me faites languir, et c'est bien inutile... C'est donc difficile à dire...?
CADET, même jeu.
Très difficile.
DELVAPORINE
Vous craignez mon courroux?
CADET, aTes mélancolie.
Je tiens à mon bonheur.
DELVAPORIiNE, afiectueuse.
Vous êtes sérieux? C'est si grave?
CADET, même jeu que plus haut.
J'ai peur, Planant dans un beau rêve à la douceur divine, De tomber brusquement sur le sol !
DELVAPORINE
Je devine La secrète raison qui vous fait hésiter A me mettre au courant. .
CADET, même jeu,
C'est la timidité!
l'M) GADET-IIOUSSEL
DKLVAPORINE
(". t'st la ciainle surloul (|u'aprcs l'avoir apprise, Je vienne à me fâcher très fort pour la surprise! Afin qu'elle aboutisse, avouez, sans mentir, Oue vous fûtes forcé de me désobéir...
Avouez-le.
GADLT, de plus en plus troublé,
Non... Je ..
DELVAPORINE, très coquette et très hypocrite.
Il faut que je vous aide ; Auprès de mon courroux votre trouble intercède. Je ne vous en veux pas, mais non... là, pas du tout! Mon refus de jadis fut de très mauvais goût. Vous fîtes bien, jugeant ce refus trop futile, ' De vouloir malgré moi, de force, m'être utile !... Mais vous l'êtes bien plus que vous ne le pensiez ; Ouol embarras c'était que tous ces créanciers! Et j'avais refusé ! Les femmes sont des folles! Elles ne pensent pas au sens de leurs paroles ; Pourquoi j'ai refusé, je ne m'en souviens olus.
(avec tendresse.)
Si ! Je trouvais tous vos autres dons superflus, \'oulant le principal : votre amour.
CADET, touché.
Ah! chère âme!
DELVAPORINE, souriant.
Mais j'avais tort.
CADET, désappoialé.
Ah!
Car tout de même une femme rient à ce superflu, combien qu'il soit banal. Dès que son cœur est sûr d'avoir le principal.
(tendre de nouveau.)
El je l'avais, ayant votre amour si touchante.