‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 17 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MARIETTE

Mais je ne t'ai rien dit, ('adet, tu perds la tète!

Justement : me parler alors eût été bete. Kt tu ne le fis pas.

MARIETTE

Mais je...

CADET

Mais tu fis mieux :

Tu me parlas, sans rien me dire, avec tes yeux. Et le subtil accent de ton silence tendre Ma d'autant plus touché que j'ai moins pu l'entendre!

MARIETTE

11 exlravague un peu, maman n'avait pas tort.

CADET

Mariette, merci : sans toi, je serais mort!

C^ar j'étais sur le point de mourir tout à l'heure.

Mais tu ris et je ris; tu pleures et je pleure.

MARIETTE

-Xous étions fous.

CADET

Quels vains soucis je me forgeais :

11 me vient maintenant des projets.

MARIETTE

Des projets?

CADET

Des projets de grandeur, d'ambition, de fuite.

VA pourquoi pas, mais oui, pourquoi pas tout de suite?

Oue veux-tu dire?

GADEr

Rien.

28 CADET-nOUSSEL

MARIETTE

Mais encor?

CADET

Je m'entends.

MARIETTE

A.U moins explique-moi.

CADET

Je n'en ai pas le temps.

Mais, Mariette, vois, je ne suis plus le môme. Je suis changé, je suis métamorphosé, j'aime... La vie. Allons, ma sœur, soyez heureuse aussi Aude revient, Aude vous aime.

MARIETTE

Oui, oui, merci...

(On entend un bruit de ferraille et de grelots qui va se rapprocl.anl.)

D'où vient ce bruit?

CADET, montrant l'église.

De là.

Mais le marché nous cache Ce que c'est.

(On distingue les coups de fouet, les cris des postillons.) CADET

Coups de fouet, grelots : c'est la patache.

MARIETTE

Elle vient de Paris.

CADET

Cela m'est bien égal!

MARIETTE

Aude est peut-être là : je vais me trouver mal !

(La diligence demeure invisible : on la devine arrêtée devant la porto de l'hôlellerie : au milieu d'un brouhaha général, on distingue quelques voix plus bruyantes ou plus aiguës que les autres.)

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