ACTE PREMIER
MARIETTE
Toujours maman.
CADET
Pour lui?
MARIETTE
Pour lui.
CADET
Aude alors lui déplaît, Aude, est-ce possible?
MARIETTE
Oui!
Un artiste.
CADET
Un penseur.
MARIETTE
Un brave homme.
CADET
Un poète.
BastI II rapportera Fargent.
MARIETTE, un peu réconfortée
Je le souhaite.
Mais que c'est bien à toi de me parler ainsi.
C/est tout naturel.
MARIETTE
Non, car tu souffres aussi.
CADET
Un peu, un peu.
MARIETTE
Dis-moi de quoi.
CADET
Oui, oui, sans doute...
MARIETTE
C'est si bon d'être consolé.
20 CAI)hT-l{OUSSb:i.
CADET, très ému.
Bien sûr. Écoute...
Voilà... Non, pas si haut... Tout bas.. Môme tout bas, Non, vois-tu, non décidément je ne peux pas.
MARIETTE
Il n'est personne qui mieux que moi te comprenne Founpioi ne pas parler, pourquoi?
CADET, pleurant avec lo même goslo que Mariette tout à l'heure.
J'ai trop de peine.
MARIKTTE
Si d'aucuns souffrent seuls, c'est qu'on s'écarle deux : Profite de souffrir puisque nous sommes deux. Allons, parle.
CADET, avec désespoir.
Oui, merci, ma souffrance est si grande... Je souffre de je ne sais quoi... je me demande S'il ne vaudrait pas mieux mourir...
(Delvaporine reparaît à sa fenêtre et sourit légèrement. Alors Calcl so rassérénant.)
Quoiqu'au moment De mourir... il me semble... au fond, vivre est charmant!
MARIETTE
Tu dis?
CADET, extrêmement agité.
Que je me sens plein d'un immense trouble... Que je suis triste!., et pourtant gail que je suis double! Mais me voici réconforté, ragaillardi.
MARIETTE
Tu dis?
CADET, avec enthousiasme.
Que je suis gai, simplement; et je dis Que c'est toi qui m'en as convaincu, ma mignonne Et que personne au monde, oui, tu m'entends, personne N'a sur moi le pouvoir que toi tu viens d'avoir Et qu'il est surprenant de voir un tel pouvoir.