‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 16 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MARIETTE

Toujours maman.

CADET

Pour lui?

MARIETTE

Pour lui.

CADET

Aude alors lui déplaît, Aude, est-ce possible?

MARIETTE

Oui!

Un artiste.

CADET

Un penseur.

MARIETTE

Un brave homme.

CADET

Un poète.

BastI II rapportera Fargent.

MARIETTE, un peu réconfortée

Je le souhaite.

Mais que c'est bien à toi de me parler ainsi.

C/est tout naturel.

MARIETTE

Non, car tu souffres aussi.

CADET

Un peu, un peu.

MARIETTE

Dis-moi de quoi.

CADET

Oui, oui, sans doute...

MARIETTE

C'est si bon d'être consolé.

20 CAI)hT-l{OUSSb:i.

CADET, très ému.

Bien sûr. Écoute...

Voilà... Non, pas si haut... Tout bas.. Môme tout bas, Non, vois-tu, non décidément je ne peux pas.

MARIETTE

Il n'est personne qui mieux que moi te comprenne Founpioi ne pas parler, pourquoi?

CADET, pleurant avec lo même goslo que Mariette tout à l'heure.

J'ai trop de peine.

MARIKTTE

Si d'aucuns souffrent seuls, c'est qu'on s'écarle deux : Profite de souffrir puisque nous sommes deux. Allons, parle.

CADET, avec désespoir.

Oui, merci, ma souffrance est si grande... Je souffre de je ne sais quoi... je me demande S'il ne vaudrait pas mieux mourir...

(Delvaporine reparaît à sa fenêtre et sourit légèrement. Alors Calcl so rassérénant.)

Quoiqu'au moment De mourir... il me semble... au fond, vivre est charmant!

MARIETTE

Tu dis?

CADET, extrêmement agité.

Que je me sens plein d'un immense trouble... Que je suis triste!., et pourtant gail que je suis double! Mais me voici réconforté, ragaillardi.

MARIETTE

Tu dis?

CADET, avec enthousiasme.

Que je suis gai, simplement; et je dis Que c'est toi qui m'en as convaincu, ma mignonne Et que personne au monde, oui, tu m'entends, personne N'a sur moi le pouvoir que toi tu viens d'avoir Et qu'il est surprenant de voir un tel pouvoir.

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